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12 Septembre 1940 : Découverte de la Grotte de Lascaux

Posted on septembre 10, 2025septembre 14, 2025 By Lordkelvin765@gmail.com Aucun commentaire sur 12 Septembre 1940 : Découverte de la Grotte de Lascaux

Des lectures pour approfondir la réflexion :

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Lascaux : Le Cœur Battant de l’Art Pariétal Préhistorique ✨

La grotte de Lascaux, véritable trésor caché au sein de la vallée de la Vézère en Dordogne, France, est universellement reconnue comme l’un des sites majeurs de l’art pariétal du Paléolithique supérieur. Surnommée la « chapelle Sixtine de l’art pariétal » par Henri Breuil, qui l’a également désignée comme le « Versailles de la Préhistoire » ou l’« Altamira française », elle est un témoignage monumental de l’ingéniosité et de la spiritualité de nos ancêtres. Ses peintures et gravures, d’une qualité esthétique et d’une quantité exceptionnelles, principalement des représentations animales, continuent de fasciner et d’interroger le monde moderne. Ce site emblématique, découvert en 1940, a depuis lors traversé une histoire complexe, entre émerveillement, défis de conservation et efforts extraordinaires pour en préserver l’héritage.

I. Un Cadre Géographique et Géologique Unique 🌍

La grotte de Lascaux est nichée dans le Périgord noir, sur la rive gauche de la Vézère, au sein de la commune de Montignac-Lascaux. Elle se situe à environ quarante kilomètres au sud-est de Périgueux et à vingt-cinq kilomètres de Sarlat-la-Canéda. Son emplacement spécifique, dans une colline calcaire datant de l’étage coniacien (Crétacé supérieur), lui confère des particularités géologiques qui ont été cruciales pour la préservation de ses œuvres.

Contrairement à de nombreuses autres cavités de la région, Lascaux est une grotte relativement « sèche ». Cette singularité s’explique par la présence d’une couche de marne imperméable qui l’isole efficacement de toute infiltration d’eau, empêchant ainsi la formation de nouvelles concrétions de calcite. Cette caractéristique naturelle a joué un rôle fondamental dans la conservation des fragiles œuvres pariétales durant des millénaires.

II. L’Histoire Ancienne du Domaine de Lascaux 🏰

Avant sa célébre découverte, le nom « Lascaux » – ou des variations comme « Las Coutz », « La Coux », dérivées de l’occitan cous ou cos désignant un lieu pierreux – désignait une seigneurie dont l’existence est attestée dès le début du XVe siècle. Ce petit domaine noble englobait divers éléments : un logis seigneurial, une métairie, un moulin, un colombier, des terres cultivées, des vignes et la colline même qui abritait la grotte.

Une description datant de 1667 révèle le paysage de cette colline, couvert de vignes, de taillis, de châtaigniers, de genévriers et de bruyères. Au fil des siècles, la propriété a changé de mains à plusieurs reprises, passant de la famille de Lascaux à celle du Cheylard, puis aux de Reilhac, aux Labrousse de Lascaux, et enfin aux La Rochefoucauld-Montbel, qui étaient les propriétaires au moment de la découverte de la grotte en 1940. C’est en 1972 que les La Rochefoucauld ont cédé la grotte à l’État français.

III. La Découverte Fortuite et Épique de 1940 🐕🚶‍♂️

La découverte de la grotte de Lascaux est entourée de plusieurs récits, parfois contradictoires et romancés, évoquant tantôt une trouvaille fortuite par un chien ou lors d’un jeu de ballon, tantôt une exploration délibérée d’une cavité déjà connue. Cependant, la version la plus communément acceptée décrit une découverte en deux temps, les 8 et 12 septembre 1940.

Le 8 septembre 1940, Marcel Ravidat, lors d’une promenade sur la commune de Montignac, fait une rencontre inattendue. Son chien, Robòt, poursuit un lapin qui se réfugie dans un trou formé par un arbre déraciné. Ce trou, d’environ 20 cm de diamètre, s’ouvrait au fond d’une cavité inaccessible sans efforts. En tentant de faire sortir le lapin en jetant des pierres, Marcel Ravidat réalise que le trou mène à une vaste cavité souterraine. Pensant qu’il s’agissait de la sortie d’un souterrain du château de Lascaux, situé à 500 mètres de là, il note l’emplacement.

Quatre jours plus tard, le 12 septembre, Marcel Ravidat revient sur les lieux, cette fois-ci accompagné de Georges Agniel, Simon Coencas et Jacques Marsal. Équipés de matériel rudimentaire – une lampe à huile pour s’éclairer et un coutelas pour élargir l’ouverture – ces jeunes gens pénètrent pour la première fois dans la grotte et y découvrent les premières peintures.

Après des visites quotidiennes et une exploration préliminaire du Puits, Jacques Marsal partage leur incroyable secret avec ses parents. Étonnés de le voir revenir couvert de poussière, les parents avertissent Léon Laval, leur ancien instituteur à la retraite, le 16 septembre. Au début, Léon Laval prend la découverte pour une plaisanterie et hésite à s’aventurer dans l’orifice mal dégagé. Ce n’est qu’après avoir reçu des dessins de la grotte réalisés par George Estreguil, un de ses anciens élèves qu’il avait dépêché, que Laval réalise la portée de la découverte : « Ils ne me racontent pas d’histoires ».

L’écho de cette découverte parvient également à Maurice Thaon, qui séjourne à Montignac. Après avoir visité la cavité et esquissé quelques animaux, il se rend en Corrèze pour rencontrer l’éminent préhistorien et abbé Henri Breuil, alors réfugié dans la région. Le 21 septembre 1940, l’abbé Breuil devient le premier spécialiste à visiter Lascaux, accompagné du chanoine Jean Bouyssonie et du docteur André Cheynier, rapidement suivis par Denis Peyrony et Henri Begouën. Cette visite marque le début de la reconnaissance scientifique mondiale de Lascaux.

IV. Les Premières Études et la Reconnaissance Scientifique 📚🖋️

Henri Breuil, figure tutélaire de la préhistoire, est le premier à authentifier la grotte et à en fournir une description sommaire. Dès la fin de l’année 1940, il commence les premiers relevés et consacre plusieurs semaines à l’étude des œuvres, qu’il attribue initialement au Périgordien.

Après un séjour de plusieurs années en Espagne, au Portugal et en Afrique du Sud, Henri Breuil revient à Lascaux en 1949. Il y entreprend une fouille rapide avec Séverin Blanc et Maurice Bourgon, au pied de la scène du Puits, dans l’espoir de découvrir une sépulture. Ces recherches mettent au jour des pointes de sagaies décorées en bois de renne.

Entre 1952 et 1963, à la demande de Breuil, André Glory réalise des relevés des gravures sur 120 m² de calques. Il y répertorie 1 433 représentations, un chiffre qui atteindra 1 900 par la suite. Parallèlement, d’autres éminents chercheurs comme Annette Laming-Emperaire, André Leroi-Gourhan et son équipe (incluant Brigitte et Gilles Delluc, et Denis Vialou), ainsi que Norbert Aujoulat, se sont consacrés à l’étude des représentations pariétales et de leur environnement.

La reconnaissance de Lascaux s’est rapidement traduite par des mesures de protection officielles. La grotte est classée au titre des monuments historiques dès l’année de sa découverte, par un arrêté du 27 décembre 1940. Les parcelles de terrain environnantes sont également classées par des arrêtés successifs en 1940 et 1962. En octobre 1979, l’UNESCO inscrit la grotte au patrimoine mondial de l’humanité, aux côtés d’autres sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère.

V. La Grotte de Lascaux : Un Sanctuaire Préhistorique 🎨🗿

Lascaux est bien plus qu’une simple grotte ; c’est un sanctuaire, une sorte de monument à caractère religieux, selon André Leroi-Gourhan et la quasi-totalité des préhistoriens. Elle n’a jamais été un lieu d’habitation, et sa fréquentation semble avoir été principalement liée à la création et à la contemplation de ses œuvres pariétales.

V.1. Description Générale de la Grotte 📏🚪

La grotte de Lascaux est relativement modeste en taille. L’ensemble de ses galeries n’excède pas 235 mètres, avec un dénivelé d’environ 30 mètres. Le sol, en pente, présente une dénivellation de 13 mètres à l’extrémité du Diverticule axial et de 19 mètres au bas du Puits. La partie décorée correspond au réseau supérieur, le réseau inférieur étant difficile d’accès en raison de la présence de dioxyde de carbone.

L’entrée actuelle, bien qu’aménagée avec un système de sas, correspond à l’entrée préhistorique. L’entrée originelle était probablement légèrement plus éloignée, mais son plafond s’est effondré au fil du temps, formant le talus par lequel les découvreurs ont accédé à la grotte.

Pour en faciliter la description, la grotte est traditionnellement divisée en plusieurs zones, ou salles et couloirs, dont les noms imagés, souvent d’inspiration architecturale religieuse, ont été en partie attribués par Henri Breuil.

  • La Salle des Taureaux (ou Rotonde) : La première et la plus spectaculaire, longue de 17 mètres, large de 6 mètres et haute de 7 mètres.
  • Le Diverticule Axial : Un prolongement plus étroit de la Salle des Taureaux, de longueur similaire.
  • Le Passage : Une galerie d’une quinzaine de mètres, accessible depuis la Salle des Taureaux.
  • La Nef : Un couloir plus élevé d’une vingtaine de mètres, prolongeant le Passage.
  • Le Diverticule des Félins (ou Cabinet des Félins) : Un couloir étroit d’une vingtaine de mètres, faisant suite à une partie non décorée de la Nef.
  • L’Abside : Une salle ronde s’ouvrant vers l’ouest, à la jonction entre le Passage et la Nef.
  • Le Puits : S’ouvre au fond de l’Abside, nécessitant une descente d’environ 4 à 5 mètres pour atteindre le début du réseau inférieur.

V.2. Les Découvertes Archéologiques 🏺🎨

La majorité des vestiges archéologiques découverts à Lascaux ont été recueillis par André Glory, soit lors des aménagements des sas d’entrée et des salles, soit durant la seule véritable fouille effectuée dans le Puits. Ces vestiges sont nombreux et variés :

  • Industrie lithique : 403 pièces.
  • Industrie osseuse : Une soixantaine de pièces.
  • Parure : 16 coquilles.
  • Faune : Une centaine de restes.
  • Charbons, macrorestes végétaux et de nombreux fragments de colorants.

Ces quelque mille objets, un temps considérés comme perdus après la mort d’André Glory en 1966, ont été retrouvés en 1999 par Brigitte et Gilles Delluc et publiés en 2008.

Des objets spécifiques ont été découverts dans différentes sections de la grotte:

  • Dans la Nef, sur un entablement près de la Vache noire, des lampes, des colorants et des restes alimentaires ont été mis au jour.
  • L’Abside a livré un nombre important d’objets abandonnés, tels que des pointes de sagaies, des grattoirs, des burins et des lampes.
  • Le Puits a révélé de nombreux vestiges, dont des pointes de sagaies, des restes de colorants, des coquillages percés et des lampes, y compris un exemplaire remarquable en grès rose, entièrement façonné et orné d’un signe barbelé sur son manche.

L’étude au microscope électronique des colorants, découverts lors des fouilles ou prélevés directement sur les œuvres, a révélé une grande diversité, avec au moins sept pigments différents utilisés. Pour le noir, on retrouve le dioxyde de manganèse, l’oxyde de fer noir et le carbone. L’hématite était employée pour le rouge, tandis que la goethite et l’argile donnaient le jaune. La calcite était utilisée pour le blanc. Tous ces pigments étaient employés à l’état pur, sans ajout de charge minérale et sans modification thermique.

V.3. Les Techniques Artistiques Étonnantes des Artistes de Lascaux 🖌️🎨

Les artistes de Lascaux ont fait preuve d’une maîtrise technique remarquable, utilisant divers procédés :

  • La polychromie : l’utilisation de plusieurs couleurs.
  • L’estompe : pour créer des dégradés et du volume.
  • La perspective : pour donner de la profondeur aux figures.
  • Les réserves : des parties laissées en blanc, comme dans l’aquarelle ou le lavis.
  • L’anamorphose : une déformation réversible des images.

De nombreuses peintures ont été réalisées à hauteur d’homme, mais d’autres sont situées très en hauteur, soulevant des questions sur l’accès des artistes à ces parois immaculées de calcite. Beaucoup de figures et de signes se trouvent sur l’intrados des voûtes, au-dessus des corniches des galeries. Bien que l’escalade, l’utilisation d’échafaudages ou de mâts de perroquet « ne soient pas à exclure dans des cas bien précis, mais qui restent rares », la morphologie du support a souvent dicté les techniques d’application des colorants. Cela a conduit à l’utilisation de techniques comme le soufflé, le tamponnage, ou l’emploi de touffes de poils ou de fibres végétales, considérées comme les ancêtres du pinceau. C’était une véritable « forme d’assujettissement aux conditions naturelles et formelles rencontrées ».

V.4. Les Chefs-d’œuvre Pariétaux par Section 🖼️🦌🐂

Chaque section de Lascaux offre un spectacle unique de l’art préhistorique:

  • La Salle des Taureaux : C’est la composition la plus spectaculaire de la grotte. Les parois de calcite, peu propices à la gravure, sont exclusivement ornées de peintures, certaines atteignant des dimensions impressionnantes de jusqu’à cinq mètres de long. Deux files d’aurochs se font face (deux d’un côté, trois de l’autre). Côté nord, deux aurochs sont accompagnés d’une dizaine de chevaux et d’un grand animal énigmatique, surnommé la « licorne » en raison de deux traits rectilignes sur son front. Côté sud, trois grands aurochs côtoient trois plus petits, peints en rouge, ainsi que six petits cerfs et le seul ours de la grotte, difficilement lisible car superposé au ventre d’un aurochs.
  • Le Diverticule Axial : Cette galerie est également ornée de bovinés et de chevaux, accompagnés de cerfs et de bouquetins. Un remarquable dessin de cheval fuyant, brossé au crayon de manganèse, se trouve à 2,50 mètres du sol. Certains animaux sont peints sur le plafond à 4 mètres de hauteur, donnant l’impression de s’enrouler d’une paroi à l’autre, des œuvres qui ont pu nécessiter l’usage ponctuel d’échafaudages. Ces représentations sont entremêlées de nombreux signes (bâtonnets, points, signes rectangulaires).
  • Le Passage : Le décor y est fortement dégradé, notamment par d’anciennes circulations d’air.
  • La Nef : Elle comporte quatre groupes distincts de figures : le panneau de l’Empreinte, celui de la Vache noire, celui des Cerfs nageant (frise des Cerfs nageant), et celui des Bisons croisés. Ces œuvres sont agrémentées de nombreux signes géométriques énigmatiques, dont des damiers colorés que H. Breuil a qualifiés de « blasons ».
  • Le Diverticule des Félins : Son nom provient d’un groupe de félins, dont l’un semble uriner pour marquer son territoire. Très difficile d’accès, cette zone présente des gravures de fauves d’une facture assez naïve. On y trouve aussi d’autres animaux et signes, notamment une représentation exceptionnelle de cheval vu de face, rare dans l’art paléolithique où les animaux sont généralement de profil ou en « perspective tordue ».
  • L’Abside : Cette salle abrite plus de mille gravures, certaines superposées à des peintures, représentant animaux et signes. C’est ici que l’on trouve le seul renne représenté à Lascaux.
  • Le Puits : Cette zone présente la scène la plus énigmatique de Lascaux. On y voit un homme ithyphallique (au sexe érigé) à tête d’oiseau, qui semble tomber, peut-être renversé par un bison éventré par une sagaie. À ses côtés, un objet allongé surmonté d’un oiseau est représenté, potentiellement un propulseur. Un rhinocéros s’éloigne sur la gauche, et un cheval figure sur la paroi opposée. Deux groupes de signes sont notables dans cette composition :
    • Entre l’homme et le rhinocéros : trois paires de ponctuations digitées, similaires à celles trouvées au fond du Diverticule des félins, dans la partie la plus reculée de la grotte.
    • Sous l’homme et le bison : un signe barbelé complexe, retrouvé presque à l’identique sur d’autres parois de la grotte, ainsi que sur des pointes de sagaies et la lampe en grès découverte à proximité.

Cette scène est une composition unique où les éléments sont clairement en relation les uns avec les autres, rompant avec la juxtaposition habituelle d’animaux ou de signes dans l’art paléolithique. Pour A. Leroi-Gourhan, cette scène renvoie probablement à un épisode mythologique dont la signification reste difficile à établir.

VI. Le Débat Persistant sur la Datation des Œuvres ⏳🧐

La datation de l’art pariétal de Lascaux est un sujet de débat prolongé au sein de la communauté scientifique, les attributions variant entre le Gravettien et le Magdalénien.

Initialement, Henri Breuil, se basant sur des comparaisons stylistiques, avait attribué les œuvres de Lascaux au Périgordien (Gravettien).

Cependant, en 1951, Lascaux est l’un des premiers sites paléolithiques à bénéficier de datations absolues par la méthode du carbone 14, développée par Willard Frank Libby. Ces analyses, effectuées sur des charbons de bois provenant de lampes découvertes dans le Puits, ont donné un premier résultat d’environ 15 500 ans BP, situant la fréquentation de Lascaux dans le Magdalénien. Des datations ultérieures sur des charbons du Passage et du Puits (17 190 ± 140 et 16 000 ± 500 ans BP) ont confirmé un âge autour du Magdalénien ancien.

Pourtant, André Leroi-Gourhan, s’appuyant sur des comparaisons stylistiques avec des sites bien datés comme le Fourneau du Diable et le Roc-de-Sers, a proposé que les œuvres de Lascaux appartenaient au Solutréen.

De nouvelles datations ont été obtenues en 1998 et 2002. La première, de 18 600 ± 190 ans BP, par carbone 14 sur un fragment de baguette en bois de renne du Puits (ou des déblais de l’Abside). La seconde, sur un fragment de sagaie, était plus ancienne : 18 930 ± 230 ans BP. Ces résultats ont soulevé la question de savoir si les Solutréens n’avaient fait que passer ponctuellement ou s’ils étaient les auteurs d’une partie ou de la totalité des œuvres. Un seul niveau archéologique est connu, et les vestiges (silex, os, bois de renne) de ce niveau correspondent typologiquement au Magdalénien II.

Norbert Aujoulat a avancé des arguments stylistiques et thématiques pour rapprocher Lascaux du Solutréen plutôt que du Magdalénien. Il a notamment souligné la présence de signes géométriques, la représentation des aurochs avec des cornes spécifiques, et la scène d’un humain affrontant un grand bovidé (rappelant une image du gisement solutréen du Roc-de-Sers). Il suggère que l’art du début du Magdalénien est une continuation de celui du Solutréen et que le style graphique (style III de Leroi-Gourhan) est le même. Il propose ainsi de situer l’art de Lascaux à la charnière du Solutréen supérieur et du Badegoulien.

Plus récemment, Jacques Jaubert et Éric Le Brun ont émis l’hypothèse d’un rattachement d’une partie du dispositif pariétal au Gravettien, basé sur des arguments stylistiques et techniques.

Le programme de recherche archéologique « Lasco » a lancé une nouvelle campagne de datation, dont les résultats publiés en 2019, basés sur des fragments d’os de renne, indiquent une occupation datant de 21 000 à 21 500 ans cal AP, correspondant à la transition du Badegoulien au Magdalénien.

Il est important de noter que la datation directe des peintures à base de charbon de bois n’est pas possible à Lascaux, car la couleur noire y a été obtenue avec des oxydes de manganèse. Cependant, des pigments tombés au pied des parois, dans le niveau archéologique, ont confirmé la contemporanéité des œuvres avec certains vestiges comme les lamelles de silex, les pointes de sagaie, les aiguilles en os et les lampes à suif.

VII. Interprétations Plurielles de l’Art de Lascaux 🤔💬

L’art préhistorique de Lascaux a suscité diverses interprétations, chacune cherchant à percer le mystère de sa signification.

La faune représentée sur les parois de Lascaux est typique des grottes ornées franco-cantabriques : chevaux, aurochs, bisons, cerfs et bouquetins dominent, complétés par des animaux plus rares et dangereux comme l’ours, le rhinocéros et les grands félins. Il est crucial de noter que les espèces figurées ne correspondent pas aux espèces chassées et consommées. Par exemple, un seul renne gravé a été identifié, alors que ces animaux représentent plus de 88 % des restes osseux mis au jour. Cette divergence a permis d’écarter l’interprétation d’un art dicté par une magie de la chasse, telle qu’elle était envisagée au début du XXe siècle.

Bien que d’un réalisme frappant pour les morphologies et les attitudes animales, les œuvres de Lascaux ne visent pas une représentation exhaustive ou naturaliste de la réalité. La flore, les reliefs et même le sol sont absents des parois, une caractéristique commune de l’art paléolithique.

Il est indéniable que certains éléments et associations de signes possèdent une valeur symbolique. C’est probablement le cas des trois paires de ponctuations trouvées au fond du Diverticule des félins et dans le Puits, aux limites des zones ornées. Il en va de même pour les signes barbelés (retrouvés sur la lampe en grès rose du Puits), les « blasons » ou les alignements de points présents sur diverses parois.

Comme mentionné précédemment, la grotte de Lascaux est largement considérée comme un sanctuaire ou un monument à caractère religieux par André Leroi-Gourhan et la quasi-totalité des préhistoriens.

D’autres interprétations ont été avancées :

  • L’archéoastronomie 🌟: En 1998, l’ethnologue Jacques Willemont a suggéré à Jean-Michel Geneste, conservateur de la grotte, que le soleil aurait pu pénétrer dans la Rotonde avant l’effondrement de son entrée. L’archéoastronome Chantal Jègues-Wolkiewiez a confirmé en 1999 qu’il y a 18 000 à 20 000 ans, au solstice d’été, la lumière du soleil frappait la fresque des Petits cerfs dans la Rotonde. Cependant, l’interprétation « ultra-interprétative » de Jègues-Wolkiewiez, prétendant que les peintures représenteraient une carte des constellations zodiacales observables il y a 10 000 ans, a été accueillie avec scepticisme par la communauté scientifique et n’est « absolument pas fondée ».
  • Le canevas narratif de la fécondité 📜: Thérèse Guiot-Houdart a étudié l’organisation, le placement, les dimensions et l’orientation des figures, la disposition des couleurs et la technique de dessin. Son analyse suggérerait l’existence d’un canevas narratif destiné à expliquer les processus de la fécondité, agencé en quinze scènes ou chapitres, qui aurait servi de trame aux peintures de Lascaux et à d’autres récits transmis de l’Inde à l’Irlande.
  • Le culte chamanique 🧙‍♂️: Selon Jean Clottes et David Lewis-Williams, Lascaux aurait pu être liée à un culte chamanique. Divers traits, comme les huit flèches plantées dans l’un des félins du Diverticule, auraient été des incisions permettant le passage des animaux et des pouvoirs surnaturels. Cette théorie est cependant largement contestée par la plupart des préhistoriens et spécialistes du chamanisme, qui estiment que Clottes et Lewis-William ont « largement outrepassé les limites de la démarche scientifique en proposant une explication unique, unilatérale de la religion des origines ».
  • La magie de la destruction ou la crainte de l’animation des images 🏹: Julien d’Huy et Jean-Loïc Le Quellec ont constaté, après un relevé exhaustif, que les animaux dangereux (félins, aurochs, bisons) semblaient plus souvent « fléchés » que les animaux moins dangereux (chevaux, cerfs, bouquetins). Selon eux, cela pourrait s’expliquer par une magie de la destruction ou une crainte que les images ne s’animent, les flèches servant alors à les immobiliser. La croyance en l’animation des images est appuyée par la disposition des figures : les bisons, aurochs et bouquetins ne sont pas représentés côte à côte, mais plutôt en systèmes comme bisons-chevaux-lions et aurochs-chevaux-cerfs-ours. Julien d’Huy attribue cette répartition aux affinités entre espèces et à leur biotope respectif.

VIII. Lascaux Face aux Défis de la Conservation : Une Lutte Constante 🚧🦠

L’engouement du public après sa découverte a rapidement transformé Lascaux en un site touristique majeur, mais cela a eu des conséquences dévastatrices sur la fragilité de la grotte et de ses œuvres.

VIII.1. Ouverture au Public et Premières Dégradations 😢

Dès sa découverte, Henri Breuil avait demandé aux jeunes inventeurs de surveiller la grotte jour et nuit pour éviter toute dégradation. Malgré l’installation d’un campement, les premiers visiteurs n’ont pas hésité à gratter la peinture ou à graver leurs initiales. Le propriétaire, le comte de La Rochefoucauld-Montbel, a installé une porte et entrepris de lourds travaux d’aménagement en 1947 pour rendre la grotte accessible. Ces travaux, incluant le terrassement du cône d’éboulis (qui servait de tampon thermique et hygrothermique), l’installation d’une porte monumentale, d’escaliers en pierre et d’un éclairage électrique, ont considérablement modifié l’écosystème original de la grotte. Le site a ouvert au public le 14 juillet 1948.

Léon Laval, l’ancien instituteur, est devenu le premier conservateur de la grotte jusqu’en 1948. Entre 1948 et 1963, un million de personnes ont visité la grotte. Malgré l’installation de systèmes de climatisation, le problème du conditionnement de l’air n’a pas été résolu.

VIII.2. Les « Maladies » de Lascaux : Une Menace Invisible 🍄🖤

Dès 1955, les premiers signes d’altération sont observés. Ils sont attribués à un excès de dioxyde de carbone (CO2) généré par la respiration des visiteurs, qui provoque une acidification de la vapeur d’eau expirée, corrodant les parois. Un système de régénération de l’air et de stabilisation de la température et de l’hygrométrie est mis en place en 1957. Cependant, avec plus de 1 000 touristes par jour, dégageant environ 2 500 litres de CO2 et 50 kg de vapeur d’eau dans un volume de grotte relativement faible (environ 1 500 m³), le problème persiste. André Glory, réalisant ses relevés à cette époque, devait travailler la nuit pour ne pas interférer avec les visites.

En 1960, la « maladie verte » fait son apparition : les émanations de CO2, une température trop élevée et l’éclairage artificiel favorisent la dissémination de colonies d’algues sur les parois. L’enrichissement de l’atmosphère en CO2 engendre également la « maladie blanche », un voile de calcite qui se dépose sur les parois et certaines œuvres. Malgré l’installation de filtres à l’ozone, les micro-organismes continuent de proliférer. Face à cette situation critique, André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles, décide d’interdire l’accès de Lascaux au grand public le 17 avril 1963. Seuls les scientifiques sont désormais autorisés à y pénétrer.

En 1965, Paul-Marie Guyon, physicien au CNRS, invente un dispositif d’assistance climatique pour restaurer l’écosystème originel. Ce système statique de refroidissement, basé sur la convection naturelle pour condenser la vapeur d’eau, est installé par Pierre Vidal, ingénieur spécialiste du milieu souterrain.

Cependant, de nouveaux problèmes surgissent. En 2000, le matériel de gestion climatique de la grotte est remplacé, et au printemps 2001, des moisissures apparaissent dans le sas d’entrée. Le sol est couvert par un champignon extrêmement résistant, Fusarium solani, un phénomène qui coïncide avec l’installation d’un système de régulation hygrothermique mal conçu. Les souches de Fusarium solani dans la grotte sont résistantes au formaldéhyde utilisé depuis des décennies pour la désinfection des pieds des visiteurs. Le champignon se propage aux peintures, les recouvrant d’un duvet blanc de mycélium. Ce champignon vit en symbiose avec une bactérie, Pseudomonas fluorescens, qui dégrade le fongicide, nécessitant désormais sa combinaison avec un antibiotique.

En 2002, le ministère de la Culture crée un Comité scientifique international de la grotte de Lascaux pour gérer ce problème. Des traitements d’urgence, incluant des compresses imprégnées de fongicides et d’antibiotiques, l’épandage de chaux vive sur les sols et des pulvérisations de produits biocides, sont appliqués de juillet 2001 à décembre 2003 pour ralentir le développement des moisissures. En 2006, la contamination est à peu près maîtrisée, mais une équipe en combinaisons spéciales doit encore débarrasser les parois des filaments de mycélium toutes les deux semaines.

Puis apparaissent les taches noires. Après une première apparition fin 2001 sur la voûte et le sas, des taches noires, dues à deux champignons (Ochroconis lascauxensis et Ochroconis anomala) se nourrissant des composés organiques des traitements antifongiques précédents, sont signalées en juillet 2007 dans des parties plus confinées de la grotte : le Passage, la Nef et l’Abside. Un traitement biocide est effectué en janvier 2008, suivi d’un repos complet de la grotte pendant trois mois. En avril 2008, le comité scientifique international observe des résultats encourageants dans neuf des onze zones tests, mais le développement des taches noires persiste dans les deux dernières. Cette persistance peut s’expliquer par le peu d’informations sur Ochroconis lascauxensis, dont l’existence n’a été découverte que lors de son apparition dans la grotte (d’où son nom).

VIII.3. Efforts de Conservation et Comité Scientifique International 🔬🛡️

En juillet 2008, le comité du patrimoine mondial de l’Unesco envisage d’inscrire la grotte sur la liste du patrimoine mondial en péril après un sursis d’un an. La conservatrice en chef du site souligne alors une profonde modification de la circulation de l’air dans la partie touchée de la grotte depuis les années 1980, l’air semblant désormais immobile là où il circulait auparavant.

Le 26 novembre 2008, la ministre de la Culture Christine Albanel annonce un symposium international. Intitulé « Lascaux et la conservation en milieu souterrain », il se tient à Paris en février 2009, sous la présidence de Jean Clottes, réunissant près de trois cents participants de dix-sept pays. L’objectif est de confronter les recherches et travaux menés à Lascaux depuis 2001 avec les expériences de conservation en milieu souterrain menées dans le monde. Les actes, publiés en 2011, regroupent les études présentées et la transcription intégrale des débats, avec la contribution de soixante-quatorze spécialistes de divers domaines.

Le 21 janvier 2010, le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand confie la présidence du conseil scientifique chargé de la conservation de la grotte au paléoanthropologue Yves Coppens. En 2016, selon Muriel Mauriac, conservatrice de la grotte, la prolifération des champignons est jugulée par l’absence prolongée de visiteurs. Désormais, seuls quelques scientifiques sont autorisés à pénétrer dans la grotte, et la présence humaine est limitée à 200 heures par an.

IX. Les Fac-similés : Une Stratégie de Préservation et de Partage 🎭🌐

Face aux menaces pesant sur la grotte originale, la création de fac-similés grandeur nature est devenue une solution incontournable pour permettre au public de découvrir cet héritage sans le mettre en péril.

IX.1. Lascaux 2 : La Première Réplique Historique 🌟

Dès le début des années 1970, le projet de réaliser un fac-similé d’une partie de la grotte est mis en œuvre. La grotte ayant été fermée en raison des problèmes de conservation, un relevé stéréo-photogrammétrique de toutes les zones ornées est réalisé par l’Institut géographique national (IGN) à la fin des années 1960. La reproduction de la troisième dimension est confiée aux sculpteurs Bernard Augst et Pierre Weber, qui recréent les mouvements des courbes de niveau avec un ciseau.

La société propriétaire de Lascaux, fondée par la famille de La Rochefoucauld, lance la réalisation d’une réplique représentative de la grotte (le Diverticule axial et la Salle des Taureaux). Le projet, trop coûteux, est en partie financé par la vente de l’original à l’État en 1972. Après une suspension en 1980, il est repris par le Conseil général de la Dordogne.

Une double coque en béton reproduisant fidèlement l’intérieur de la grotte originale est fabriquée à partir des relevés de l’IGN. Sur une armature métallique sont posées des couches de grillage fines, retenant le béton projeté. La paroi est reconstituée en fibro-ciment (un béton spécial à base de chaux, sable et poudre de marbre). Les œuvres pariétales sont ensuite reproduites avec des pigments naturels par une équipe dirigée par l’artiste peintre Monique Peytral. L’ensemble est précédé de deux sas muséographiques conçus par Brigitte et Gilles Delluc et Arlette Leroi-Gourhan.

Situé à 200 mètres de l’original, le fac-similé, nommé « Lascaux 2 », ouvre ses portes le 18 juillet 1983. D’autres reproductions (frise des cerfs, bisons adossés, vache noire de la Nef, scène du Puits) sont exposées au parc du Thot, près de Montignac. Entre 2009 et 2014, d’importants travaux de restauration sont menés sur les fresques, encrassées par la poussière des visiteurs (270 000 par an).

Lascaux 2 est devenu le site touristique le plus fréquenté de Dordogne en 2011, avec 250 000 visiteurs par an. Après l’ouverture de Lascaux IV, sa fréquentation a baissé, avec 70 000 visiteurs en 2019.

IX.2. Lascaux 3 : L’Ambassadeur Itinérant de l’Art Pariétal ✈️🖼️

Le concept Lascaux révélé, ou « Lascaux 3 », est une reproduction partielle de la grotte, dévoilée en octobre 2012, conçue pour être itinérante. En 2003, le Conseil général de la Dordogne commande au plasticien Renaud Sanson et à son atelier la réalisation de fac-similés de scènes de la Nef, une galerie non représentée dans Lascaux II.

L’exposition « Lascaux révélé » présente ces nouveaux fac-similés en Dordogne de juillet à décembre 2008. Ces huit panneaux, réalisés en cinq ans, sont ensuite transférés au parc animalier du Thot en juillet 2009. Les fac-similés plus anciens du parc du Thot (bisons, vache noire, scène du Puits), créés en 1984 et 1991, sont alors déplacés, endommagés par les intempéries et finalement stockés dans un hangar.

L’exposition est conçue pour voyager dans le monde entier comme ambassadeur de la Dordogne et de la Vallée de l’Homme. Les coques des fac-similés, légères (moins de 10 kg/m²), sont composées de panneaux démontables aux jointures invisibles, conçues pour être facilement transportées. L’agence de scénographie Du&Ma est choisie en mars 2011 pour ce projet, connu sous le nom de « Lascaux, l’exposition internationale ».

L’exposition a connu de nombreuses étapes internationales :

  • Bordeaux (France) : 100 000 visiteurs (octobre 2012 – janvier 2013).
  • Chicago (États-Unis) : 325 000 visiteurs (mars – septembre 2013).
  • Houston (États-Unis) : 200 000 visiteurs (octobre 2013 – mars 2014).
  • Montréal (Canada) : (avril – septembre 2014).
  • Bruxelles (Belgique) : (novembre 2014).
  • Paris (France) : 60 000 visiteurs, en deçà des prévisions (mai – août 2015).
  • Genève (Suisse) : 80 000 personnes (octobre 2015 – janvier 2016).
  • Gwangmyeong (Corée du Sud) : 300 000 visiteurs (avril – septembre 2016).
  • Tokyo (Japon) : 265 000 personnes, dont l’empereur et l’impératrice (octobre 2016 – février 2017), avec 150 pièces originales du Périgord préhistorique exposées.
  • Tagajō et Fukuoka (Japon) : (mars – mai, juillet – septembre 2017).
  • Shanghai (Chine) : 200 000 visiteurs (septembre 2017 – février 2018).
  • Johannesbourg (Afrique du Sud) : (mai – octobre 2018).
  • Munich (Allemagne) : (avril – septembre 2019).
  • Naples (Italie) : interrompue par la pandémie de Covid-19 (février – mars 2020). La visite prévue au Maroc est également en suspens.

À l’été 2020, l’exposition retourne à Montignac pour être modifiée et allégée en raison d’un déficit aggravé par la pandémie. Il est envisagé d’intégrer des visites en 3D par casques de réalité virtuelle, plutôt que d’ajouter des panneaux de la Salle des Taureaux et du Diverticule axial. Une nouvelle version avec réalité virtuelle est installée à Trente, Italie, de juillet 2022 à janvier 2023. Cependant, la fréquentation s’avère décevante (environ 20 000 personnes par étape). Un budget d’un million d’euros est prévu pour remettre en scène la Salle des Taureaux pour 2025.

En février 2025, la Société publique locale de l’Exposition internationale de Lascaux annonce un second Tour du monde à partir de juin 2025. Il débutera à Bordeaux, incluant un fac-similé de la Salle des Taureaux (25 mètres de long, 130 figures animales). Le montage et démontage représente un poids de quatre tonnes. La prochaine étape est prévue à Chicago.

IX.3. Lascaux Expériences (Lascaux 3D) : L’Immersion Virtuelle 🎧🌌

L’exposition internationale itinérante, allégée et ne présentant plus qu’un seul fac-similé (celui de la scène du Puits), prend le nom de « Lascaux Expériences ». Des casques de réalité virtuelle offrent aux visiteurs une immersion complète et intégrale dans la grotte de Lascaux. La première étape est prévue en Belgique, de décembre 2021 à mai 2022, au Préhistomuseum près de Liège.

IX.4. Lascaux 4 : Le Centre International de l’Art Pariétal (CIAP) 🏛️🌟

Un centre international de l’art pariétal, présentant un fac-similé intégral de toutes les parties ornées de la grotte de Lascaux (Salle des Taureaux, Diverticule axial, Passage, Puits, Abside et Nef ), a été inauguré près du site original fin 2016. Ce projet, initialement appelé Lascaux 4, a vu le cabinet norvégien Snøhetta sélectionné parmi 163 offres en octobre 2012.

En septembre 2012, la ministre de la Culture Aurélie Filippetti avait initialement annoncé l’abandon du projet Lascaux 4 pour des raisons d’économies, le qualifiant de « non prioritaire » et estimant son coût à 50 millions d’euros. Cependant, la part de l’État ne représentait qu’un tiers du financement. Bernard Cazeau, président du Conseil général de la Dordogne, a alors affirmé que le projet se poursuivrait grâce au mécénat et aux fonds européens. Un mois plus tard, la ministre a finalement annoncé un déblocage de quatre millions d’euros de crédits de l’État à partir de 2014.

Les travaux, sous la maîtrise d’ouvrage du Conseil général de la Dordogne, ont débuté au printemps 2014 et se sont achevés mi-2016. Le Crédit agricole (700 000 euros), la fondation EDF (500 000 euros) et le groupe Maïsadour (300 000 euros) figurent parmi les mécènes. Le groupe NGE et ses filiales ont également participé aux travaux géotechniques, de sécurisation et de génie civil. Le bâtiment, semi-enterré, ne dépasse pas huit mètres de hauteur sur 150 mètres de long, dans le but de préserver la colline de Lascaux. Le coût total de la rénovation s’élève à 57 millions d’euros, financés par l’État français, l’Europe, le département de la Dordogne et la région.

L’ouverture de Lascaux 4, initialement prévue en juillet 2016, a été reportée à fin 2016 en raison de problèmes techniques (découverte d’une source, liquidation d’une entreprise de charpentes métalliques).

L’Atelier des fac-similés du Périgord, composé de trente-quatre personnes (peintres, plasticiens, restaurateurs d’art, etc.), a réalisé en deux ans et demi trente-six panneaux représentant 900 m² de surfaces ornées. La reproduction est faite à partir de blocs de polystyrène fraisés numériquement, dont le relief est affiné à la main avec un enduit à base de pâte à papier, en utilisant des photos projetées. Un moule en élastomère, puis un contre-moule en résine, sont réalisés. La coque en résine reconstitue la paroi avec un « voile de pierre » (mélange d’acrylique et de poudre) qui reproduit fidèlement l’épiderme minéral de la roche, sur lequel sont appliquées les patines colorées et les peintures pariétales. Les premiers panneaux sont transportés sur le site définitif en février et mars 2016.

L’ouverture de Lascaux 4 au public a eu lieu le 15 décembre 2016, précédée d’une inauguration le 10 décembre en présence du président François Hollande, de la ministre de la Culture Audrey Azoulay et de Simon Coencas, le dernier survivant des découvreurs de 1940.

Deux ans et demi après son ouverture, à la mi-juillet 2019, Lascaux 4 avait accueilli un million de visiteurs. Le site emploie 128 personnes durant les mois d’été, les plus fréquentés. Fin 2021, malgré douze mois de fermeture due à la pandémie, Lascaux 4 a accueilli deux millions de visiteurs, dont 82 % de Français. En 2022, Lascaux 2 et Lascaux 4 ont attiré ensemble 410 000 visiteurs, ce qui en fait le site touristique le plus important du département.

IX.5. La Grotte de Lascaux 1/1 : Le Jumeau Virtuel Ultime 💻🤝

Depuis juillet 2021, la Direction régionale des Affaires culturelles de Nouvelle-Aquitaine, Dassault Systèmes et la Cité de l’architecture et du patrimoine proposent une nouvelle expérimentation de réalité virtuelle à l’échelle 1/1, à Paris.

L’expérience « La grotte de Lascaux 1/1 » est un véritable jumeau virtuel de la grotte originale. Elle permet d’arpenter physiquement et en groupe l’intégralité de la grotte dans les conditions vécues par l’équipe de conservation. Équipés de sacs à dos et de casques de réalité virtuelle, les visiteurs sont guidés par un conférencier pendant 45 minutes. Les utilisateurs peuvent se déplacer librement dans l’espace et interagir entre eux par le biais de leurs avatars.

X. Lascaux dans la Culture Moderne : Un Héritage Numismatique 🪙

L’importance culturelle et patrimoniale de la grotte de Lascaux s’est même manifestée dans le domaine de la numismatique. En 2011, la grotte a été représentée sur une pièce de monnaie de 10 euros dédiée à la région Aquitaine, émise par la Monnaie de Paris dans le cadre d’une série annuelle sur le thème des monuments. La pièce mettait en scène la place de la Bourse de Bordeaux, un pin des Landes, et les peintures pariétales de Lascaux, symbolisant la richesse du patrimoine de la région.

Conclusion : Lascaux, un Message Éternel 💖

Des merveilles artistiques du Paléolithique aux défis de la conservation moderne, en passant par les prouesses technologiques de ses fac-similés, Lascaux demeure un lieu de mémoire, de science et d’émerveillement. Ce « sanctuaire » qui n’a jamais été habité mais a accueilli des générations d’artistes préhistoriques continue de nous interpeller sur la profondeur de la pensée humaine et la permanence du besoin d’expression. Grâce aux efforts concertés des scientifiques, des ingénieurs et des artistes, l’héritage de Lascaux, un des sites emblématiques de l’art préhistorique, continue d’être étudié, protégé et partagé avec le monde, garantissant que les messages de nos lointains ancêtres résonnent encore pour les générations futures.

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