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👑 Marie-Antoinette : Analyse de la Destinée Tragique de la Dernière Reine de l’Ancien Régime
Introduction Historiographique : Une Icône Mondiale et sa Fin Tragique 💔
Marie-Antoinette Josèphe Jeanne de Habsbourg-Lorraine, archiduchesse d’Autriche, princesse de Bohême et de Hongrie, demeure l’une des figures les plus fascinantes et les plus controversées de l’histoire française et européenne. Née le 2 novembre 1755 à Vienne, en Autriche, elle fut la dernière reine de l’Ancien Régime. Son parcours, jalonné de luxe ostentatoire, de rumeurs virulentes et d’une chute brutale, s’est achevé tragiquement sur la place de la Révolution, où elle fut guillotinée le 16 octobre 1793 à l’âge de 37 ans.
La postérité a élevé Marie-Antoinette au rang d’icône mondiale, à la fois glamour et tragique. Son histoire illustre parfaitement le choc culturel, les enjeux diplomatiques complexes, et la violence des passions populaires qui ont déchiré la France à la fin du XVIIIe siècle. Cet article propose une analyse détaillée de sa vie, depuis son enfance au sein de la Maison des Habsbourg jusqu’à son rôle central dans les prémices et les débuts de la Révolution française, en se basant exclusivement sur les documents et témoignages de l’époque.
I. 🇦🇹 L’Enfance Impériale à Vienne (1755-1770)
1.1. Naissance et Cadre Familial 👨👩👧👦
L’archiduchesse Maria Antonia Josepha Joanna, prénommée ainsi lors de son baptême, est née au palais de la Hofburg à Vienne. Elle est l’avant-dernière enfant et la plus jeune fille de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, dite « la Grande », archiduchesse d’Autriche et reine de Hongrie et de Bohême, et de François Ier, empereur du Saint-Empire.
Marie-Antoinette grandit au sein d’une fratrie nombreuse, comprenant cinq fils, dont l’héritier Joseph, et huit autres filles. Elle était particulièrement proche de sa sœur Marie-Caroline, de trois ans son aînée.
La vie au sein de la famille impériale était marquée par une intimité familiale et une étiquette bien moins stricte que celle de Versailles. Bien qu’ils vivent selon leur rang, le luxe ostentatoire était évité. Le mariage de ses parents était non seulement une union politique, mais également un mariage d’inclination, ce qui contribua à l’atmosphère unie de la famille.
1.2. Une Éducation Axée sur les Apparences 🎶
L’éducation de Marie-Antoinette était typique de l’époque pour une princesse de haut rang, privilégiant le paraître et les arts aux sciences politiques. Elle se concentrait sur :
- Le maintien et la danse.
- La musique.
- Le paraître.
Cette approche a laissé l’archiduchesse avec des lacunes notables en matière de compétences académiques : à dix ans, elle peinait encore à lire et à écrire l’allemand, et parlait le français et l’italien avec difficulté, bien que ces trois langues fussent courantes au sein de la famille impériale. Elle avait également des rudiments de latin. Ces insuffisances conduisirent au renvoi de sa gouvernante, Mme de Brandeis, remplacée par la plus sévère Mme de Lerchenfeld.
Dès son plus jeune âge, Marie-Antoinette fut décrite comme une enfant espiègle, étourdie et volontiers moqueuse.
1.3. Présages et Anecdotes de Jeunesse 🔮
La naissance de l’archiduchesse, le 2 novembre 1755, fut étrangement associée à un événement tragique : un tremblement de terre dévastateur qui ravagea Lisbonne la veille. Certains y virent alors un mauvais présage, une superstition qui fut ravivée après 1793.
Une autre anecdote célèbre marque son enfance : sa rencontre avec le jeune prodige Wolfgang Amadeus Mozart le 13 octobre 1762 au palais de Schönbrunn. La légende rapporte qu’à cette occasion, Mozart lui demanda ingénument sa main en mariage.
II. 🤝 Le Renversement des Alliances et le Mariage (1770)
2.1. Un Pion sur l’Échiquier Européen geopol
Le mariage de Marie-Antoinette n’était pas un choix personnel, mais un acte diplomatique crucial pour sa mère, Marie-Thérèse. Après des siècles de conflits, la politique visait à réconcilier les maisons d’Autriche et de France dans le cadre du renversement des alliances, afin de contrer les ambitions de la Prusse et de la Grande-Bretagne.
Dès 1765, après la mort de l’empereur François Ier, Marie-Thérèse prit seule en main l’éducation de ses filles dans le but de conclure l’union entre Marie-Antoinette et le dauphin Louis-Auguste, futur Louis XVI.
Louis XV accepta le mariage à la condition que la princesse soit capable de parler convenablement français. Pour remédier à ses lacunes linguistiques, l’abbé Mathieu-Jacques de Vermond fut envoyé à Vienne. Des spécialistes français furent également envoyés pour améliorer sa denture et sa coiffure.
Le 7 février 1770, Marie-Antoinette, âgée de 14 ans et trois mois, était considérée comme « réglée » et prête à être mariée.
2.2. Le Rituel de Kehl et le Départ 🏰
Le 17 avril 1770, Marie-Antoinette renonça officiellement à ses droits sur les couronnes de la maison d’Autriche. Le mariage par procuration eut lieu deux jours plus tard, le 19 avril, dans l’église des Augustins.
Le 21 avril 1770, la jeune archiduchesse, âgée de 14 ans et cinq mois, quitta définitivement Vienne. Ce départ fut empreint de douloureux pressentiments. L’anecdote de l’abbé Joseph Gassner, qui répondit à Marie-Thérèse : « Madame, il est des croix pour toutes les épaules », renforça cette atmosphère sombre.
Le voyage vers la France se termina par un rituel symbolique à Kehl, le 7 mai 1770, sur l’île aux Épis, au milieu du Rhin. C’était le rite de « remise de l’épouse ». Dans un bâtiment construit à cet effet, tous les biens et même les vêtements provenant de son pays d’origine lui furent retirés, marquant le « rite de passage » de sa vie de jeune fille à celle de femme mariée au dauphin.
En quittant le bâtiment du côté français, malgré la pluie battante, la jeune Dauphine afficha sa nouvelle allégeance à Strasbourg : « Non ! Ne parlez point allemand, s’il vous plaît. À dater d’aujourd’hui, je n’entends plus d’autre langue que le français ».
2.3. L’Accueil Populaire et l’Hostilité de la Cour 🗣️
Durant son voyage à travers la Lorraine (terre natale de son père) et la Champagne, l’accueil populaire fut chaleureux. Les habitants des campagnes abandonnaient leurs travaux, jonchant les chemins de fleurs et criant : « Vive la dauphine ! Vive le dauphin ! ». Les spectateurs admiraient « sa beauté, son sourire enchanteur, sa douce physionomie ».
Cependant, la joie populaire contrastait avec l’animosité qui régnait déjà à Versailles. Dès son arrivée, elle fut surnommée « l’Autrichienne », une manière d’insister sur son statut d’étrangère à la nation. La première à lui attribuer ce sobriquet fut Madame Adélaïde, fille de Louis XV et tante du Dauphin, qui critiquait son comportement jugé « fantaisiste ».
III. 💍 Dauphine de France : Contraintes et Scandales Précurseurs
3.1. Les Noces et le Drame de la Place Louis XV 🎆
Le 16 mai 1770, Marie-Antoinette épousa Louis-Auguste en la chapelle du Château de Versailles. Cependant, le jour même, un scandale d’étiquette éclata, alimentant les murmures contre « l’Autrichienne » : les princesses de Lorraine réussirent à obtenir l’autorisation de danser avant les duchesses.
Quinze jours plus tard, le 30 mai 1770, une tragédie marqua les célébrations du mariage. Lors d’un feu d’artifice sur la place Louis XV (future place de la Révolution, où le couple serait exécuté), une fusée tomba sur les pièces d’artifice, provoquant un incendie et une panique massive. Cet événement causa la mort de plusieurs centaines de victimes (officiellement 131, mais vraisemblablement autour de 400). Bouleversés, les jeunes Dauphin et Dauphine financèrent sur leur cassette personnelle une aide importante aux victimes et à leurs familles.
3.2. La Jeune Dauphine : Physique et Personnalité ✨
Marie-Antoinette, en tant que Dauphine, était physiquement agréable, bien que sa beauté ne fût pas « régulière ».
Portrait Physique (d’après les sources) :
- Cheveux : Blond assez soutenu, tirant sur le roux, prenant des reflets rosés sous la poudre.
- Yeux : Bleu pâle, parfois jugés un peu trop saillants ; ou bleu gris.
- Visage : Ovale très allongé, avec un vaste front bombé.
- Nez : Promettant d’être légèrement aquilin, offrant peu de finesse ; ou simplement aquilin.
- Corpulence : Assez petite, ne possédant pas encore la « gorge » appréciée en France. Elle était « grande, admirablement faite » avec des « bras superbes ». Certains lui reprochaient une mâchoire trop forte, caractéristique des Habsbourg.
- Grâce : Sa peau était « si transparente qu’elle ne prenait point d’ombre ». Elle était réputée pour sa grâce exceptionnelle en se mouvant, étant considérée comme la femme de France qui marchait le mieux. Elle exécutait la révérence avec une grâce inégalée.
Traits de Caractère :
Marie-Antoinette possédait une intelligence vive, comme en témoigne sa correspondance. Cependant, son caractère présentait des aspects complexes:
- Elle ne pouvait souffrir les personnages ennuyeux.
- Elle avait un bon caractère mais était souvent partiale.
- Elle était accusée de légèreté, y compris par sa propre mère, n’aimant que se divertir.
3.3. Les Frictions de Cour et le Mariage Non Consommé 💔
Habituée à la simplicité familiale autrichienne, la princesse eut beaucoup de mal à s’adapter à la vie française. Elle subissait péniblement l’étiquette rigide de la Cour, le manque d’intimité, et les roueries de la « vieille cour ».
Le début de son mariage fut source d’inquiétude majeure : le Dauphin Louis XVI, bien qu’amoureux, était timide et l’évitait, préférant la chasse. Le mariage ne fut pas consommé après plusieurs semaines. Cette situation dura sept ans et pouvait être un motif d’annulation en cour de Rome. Le couple royal avait du mal à procréer, ce qui alimenta les rumeurs sur l’impuissance du roi ou la stérilité de la Dauphine.
De plus, Marie-Antoinette fut rapidement impliquée dans les intrigues internes. Elle fut manipulée par les filles célibataires de Louis XV, « Mesdames Tantes », qui lui communiquèrent leur aversion pour la maîtresse royale, la comtesse du Barry. Forcée par Louis XV et sa mère, l’impératrice Marie-Thérèse, elle finit par adresser la parole à la comtesse lors d’une réception en janvier 1772, avec ces mots qui restèrent célèbres : « Il y a bien du monde aujourd’hui à Versailles ». Elle ressortit humiliée de cet incident, considéré par ses tantes comme un acte de haute trahison.
3.4. La Manipulation Autrichienne 📜
Marie-Antoinette, « dépourvue d’expérience et dénuée de culture politique », fut souvent manipulée par sa famille autrichienne.
Sa mère, Marie-Thérèse, entretenait une correspondance secrète et volumineuse avec l’ambassadeur d’Autriche à Paris, Florimond de Mercy-Argenteau. Ce dernier, devenu son unique confident après la disgrâce du duc de Choiseul, avait pour mission de guider la Dauphine et de s’assurer de la survie de l’alliance franco-autrichienne. Cette correspondance, couvrant les années 1770 à 1780 (jusqu’au décès de Marie-Thérèse Ière), est une source cruciale qui révèle à quel point Marie-Antoinette restait attachée à l’Autriche.
IV. 👑 Reine de France : Madame Déficit et les Libelles
4.1. L’Accession au Trône et la Cabale (1774) 📉
Louis XV mourut le 10 mai 1774. Marie-Antoinette devint reine de France et de Navarre à 18 ans. Encore sans héritier à offrir à la France, et toujours perçue comme une étrangère, elle devint la cible de chansons hostiles dès l’été 1777.
Dès son accession au trône, une véritable cabale se monta contre elle. Des pamphlets diffamatoires, initialement de courts textes pornographiques, puis des libelles orduriers, commencèrent à circuler. Ces attaques étaient exacerbées par plusieurs facteurs :
- Le Déficit et l’Autriche : Elle fut accusée de dilapider l’argent public en frivolités (la surnommant « Madame Déficit ») et de faire le jeu de l’Autriche, désormais dirigée par son frère, Joseph II.
- L’Immoralité Publique : En raison de ses déboires conjugaux publics (le mariage met sept ans à être consommé) et de son charme évident, elle fut accusée d’avoir des amants (comme le comte d’Artois ou le comte suédois Axel de Fersen) ou des maîtresses (la duchesse de Polignac, la princesse de Lamballe).
- La Diffamation Sexuelle : Les libelles la dépeignaient comme une nymphomane perverse et une « infâme tribade » (lesbianisme), répandant la certitude de son insatiable érotisme. Elle fut décrite comme une « prostituée babylonienne » épuisant quotidiennement hommes et femmes à Trianon pour satisfaire sa « diabolique lubricité ».
4.2. La Question de la Postérité 👶
La situation conjugale délicate et le manque de descendance alimentèrent les rumeurs. Louis XVI se révélait inexpérimenté et intimidé par son épouse, tandis que la Reine, peu attirée par son mari, était réticente à accomplir le devoir conjugal.
Inquiète pour l’Alliance franco-autrichienne, Marie-Thérèse envoya son fils aîné, Joseph, à la Cour de France en 1777 pour évaluer la situation. Un an plus tard, le couple donna naissance à sa première fille, Marie-Thérèse-Charlotte. Cependant, cette naissance tardive ne fit qu’engendrer de nouvelles rumeurs de bâtardise, la paternité étant faussement attribuée au comte d’Artois ou au duc de Coigny.
V. 🎭 La Reine à Versailles : Luxe, Arts et Vie Simple Recherchée
5.1. Un Goût Prononcé pour les Plaisirs et les Arts 🎨
Marie-Antoinette avait un goût marqué pour le divertissement et les arts, préférant une vie simple et amicale à la lourdeur du cérémonial.
Ses Passions et Activités :
- La Musique : Elle était musicienne elle-même, jouant de la harpe et de la flûte, et cultivant le chant. Elle protégeait activement les musiciens et exerçait un mécénat intelligent, attirant Gluck (son ancien professeur), Piccinni, Sacchini, et favorisant la carrière de Grétry. Son maître de harpe, Philipp Joseph Hinner, lui enseignait la harpe de 1774 à 1784.
- La Mode et les Toilettes : Elle aimait les tenues coûteuses et extravagantes. Elle bénéficiait des conseils de Rose Bertin pour les tenues, de Jean-Louis Fargeon pour les parfums, et de Léonard-Alexis Autié pour les coiffures (créateur du style « pouf »). Bien que ces dépenses fussent critiquées, elles ne représentaient qu’une « goutte d’eau » dans le budget général et bénéficiaient au commerce du textile français. De plus, elle est créditée par la tradition de l’introduction et de la popularisation du croissant en France, d’où le nom de viennoiserie.
- Le Jeu : Elle était passionnée par le jeu, jouant au Pharaon, au trictrac, et au billard, souvent jusqu’à deux ou trois heures du matin.
- La Danse et le Théâtre : Elle aimait les bals masqués de l’Opéra (jugés inconvenants pour une reine) et la danse. Elle courait les salles parisiennes même en tant que Reine. Elle aménagea un théâtre à Trianon où elle jouait elle-même des rôles de servante, notamment dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais.
5.2. Le Hameau de la Reine et l’Évasion de l’Étiquette 🌾
La reine, qui n’appréciait guère les contraintes de la cour, cherchait à retrouver à Versailles la vie détendue et familiale qu’elle avait connue à Vienne. Pour cela, elle délaissa Marly, dont le cérémonial était trop contraignant, au profit du Petit Trianon. Louis XVI lui avait offert ce domaine, construit initialement pour Madame de Pompadour.
À Trianon, les usages étaient simplifiés, imitant la vie de la gentilhommerie. L’étiquette était relâchée : les dames ne quittaient pas le piano-forte à son arrivée et les hommes ne suspendaient ni leur partie de billard ni celle de trictrac.
Elle y fit construire un village modèle, le Hameau de la Reine, qui, malgré son apparence simple, fut aménagé à grands frais. Là, elle jouait à la fermière, regardait la pêche ou assistait à la traite des vaches.
5.3. Rôle Politique : Un Ascendant Limité ⚖️
Bien que Marie-Antoinette ait tenté d’influencer la politique du roi, de faire et défaire les ministres sur les conseils de ses amis, son rôle politique réel s’est avéré extrêmement limité, contrairement à la rumeur publique.
Le baron Pichler, secrétaire de Marie-Thérèse Ière, résumait cette situation en notant qu’elle ne voulait être ni gouvernée ni dirigée, et que l’usage qu’elle faisait de son indépendance ne portait que sur des objets d’amusement et de frivolité.
Marie-Antoinette elle-même était consciente des limites de son influence. Dans une lettre à son frère Joseph datée du 22 septembre 1784, elle avoua : « Je ne m’aveugle pas sur mon crédit ; je sais que, surtout pour la politique, je n’ai pas grand ascendant sur l’esprit du roi ». Elle laissait toutefois croire au public qu’elle avait plus de crédit qu’elle n’en avait véritablement pour conserver le peu d’influence qui lui restait.
Elle manifesta tout de même un intérêt pour la cause de l’Enfance en acceptant, en 1788, d’être la présidente d’honneur et protectrice de la Société de Charité maternelle.
VI. 🇫🇷 La Révolution et la Fin Tragique (1789-1793)
6.1. La Chute de la Monarchie ⛓️
Aux débuts de la Révolution française, la reine et la famille royale furent placées en résidence surveillée au palais des Tuileries.
Deux événements majeurs continuèrent de dégrader l’image de Marie-Antoinette :
- La tentative de fuite de 1791 à Varennes.
- Son rôle supposé dans la guerre de la première coalition.
En 1792, la famille royale fut emprisonnée à la prison du Temple, marquant l’abolition de la monarchie.
Le roi Louis XVI fut exécuté le 21 janvier 1793.
6.2. Le Procès et l’Exécution (1793) ⚰️
Le procès de Marie-Antoinette devant le Tribunal révolutionnaire s’ouvrit le 14 octobre 1793. Deux jours plus tard, le 16 octobre, elle fut condamnée pour haute trahison et exécutée par guillotine sur la place de la Révolution.
Dans les heures précédant son exécution, la Reine manifesta une foi chrétienne profonde, telle qu’attestée dans sa dernière lettre à Élisabeth de France, sœur du Roi. Elle accomplit son devoir de chrétienne, refusant le prêtre assermenté à la constitution civile du clergé.
Extrait de sa profession de foi et de pardon :
Elle y affirma mourir dans la religion catholique, apostolique et romaine, et demanda sincèrement pardon à Dieu pour toutes les fautes qu’elle avait pu commettre.
« J’espère que, dans Sa bonté, Il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps, pour qu’Il veuille bien recevoir mon âme dans Sa miséricorde et Sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais et à vous ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j’aurais pu leur causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu’ils m’ont fait ».
VII. 📝 Postérité et Révélations Contemporaines
Marie-Antoinette est restée une figure historique dont l’étude continue de susciter l’intérêt. Les documents personnels qu’elle a laissés, notamment sa correspondance, offrent un éclairage unique sur son intimité.
Les papiers personnels de Marie-Antoinette, y compris sa correspondance secrète avec le comte suédois Axel de Fersen, sont conservés aux Archives nationales. L’analyse scientifique de ces documents a récemment permis de confirmer la nature passionnée de cette relation.
Grâce à l’analyse réalisée par spectrométrie de fluorescence des rayons X (micro-faisceau μXRF) sur les mentions occultées de certaines lettres, les sentiments amoureux qu’elle manifestait pour Fersen ont été mis en évidence. Dans une lettre datée du 4 janvier 1792, Marie-Antoinette a précisé :
« je vais finir, non pas sans vous dire mon bien cher et tendre ami que je vous aime à la folie et que jamais jamais je ne peux être un moment sans vous adorer ».
Le destin de Marie-Antoinette, de l’opulence de Schönbrunn à la rigueur de la guillotine, illustre la fin d’une époque et le rôle tragique que les figures royales durent jouer face à la montée inexorable de la ferveur révolutionnaire.
