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Théophile Gautier (1811-1872) : ✍️ Poète Impeccable, Champion de l’Art pour l’Art et Critique Visionnaire
Jules Pierre Théophile Gautier est une figure centrale de la littérature et de la critique artistique française du XIXe siècle. Né à Tarbes le 30 août 1811 et décédé à Neuilly-sur-Seine le 23 octobre 1872, il est connu non seulement comme poète et romancier, mais aussi comme un critique d’art dont l’écriture a redéfini la manière d’aborder la sensation esthétique.
Acteur décisif du mouvement romantique à ses débuts, notamment lors de l’emblématique Bataille d’Hernani, il évolue ensuite pour devenir l’un des membres actifs de l’école littéraire du Parnasse. Son influence est telle qu’il est considéré comme un précurseur majeur des Parnassiens, en particulier par sa défense acharnée du principe de L’Art pour l’art.
1. De Tarbes au Tumulte Parisien : Jeunesse et Vocation Artistique 🏞️
1.1. Les Racines et le Déménagement Précoce
Théophile Gautier est issu d’une famille d’origine haute-alpine, la famille Gautier. Il voit le jour à Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, le 30 août 1811. Ses premières années sont marquées par le « souvenir des silhouettes des montagnes bleues », une image qu’il gardera longtemps.
Dès l’âge de trois ans, sa famille s’installe à Paris, au 8, place des Vosges. Bien que très jeune, Gautier éprouve une profonde nostalgie et peine à s’acclimater à ce nouvel environnement.
D’une précocité étonnante, il commence à lire dès l’âge de cinq ans. Ses premières grandes lectures, telles que Robinson Crusoé ou Paul et Virginie, le marquent vivement. Ces œuvres lui inspirent d’abord le rêve de devenir marin, avant qu’il ne se passionne pour l’univers théâtral, et plus spécifiquement pour la peinture des décors. Il est l’aîné de deux sœurs nées à Paris : Émilie-Henriette-Adélaïde (1817-1880) et Zoé-Louise-Françoise (1820-1885).
1.2. Éducation et Premières Rencontres
L’enfance de Gautier n’est pas simple sur le plan scolaire. En 1820, à l’âge de neuf ans, un bref séjour en tant que demi-pensionnaire au lycée Louis-le-Grand s’achève rapidement. Ses parents sont contraints de l’en retirer au bout d’un trimestre car il y « dépérit ». Il trouve plus de satisfaction en tant qu’externe au collège Charlemagne, où il fait la connaissance de son futur ami, Gérard Labrunie (qui deviendra Gérard de Nerval). C’est durant cette période qu’il développe un intérêt particulier pour les poètes latins tardifs, dont la langue l’intrigue et le fascine.
Durant son enfance, Gautier effectue de fréquents séjours au château de Mauperthuis, situé dans la commune éponyme. Sa mère, Adelaïde Cocard, y est intendante. Les paysages de ce village au cœur de la Brie ont un impact durable, servant de toile de fond à certains de ses romans, notamment Mademoiselle de Maupin et Le Capitaine Fracasse. Ces séjours sont fondamentaux pour le développement de son esprit tourné vers l’art, car Gautier se destine initialement à la peinture. Il s’exerce d’ailleurs en réalisant des portraits de la population de Mauperthuis.
En Première, il concrétise cette première vocation en fréquentant l’atelier du peintre Louis-Édouard Rioult (1790-1855), rue Saint-Antoine. C’est là qu’il découvre, à cette occasion, qu’il souffre de myopie.
2. Le Combat Romantique : Le Gilet Rouge d’Hernani 🎭
La trajectoire de Gautier est irrémédiablement transformée par sa rencontre, en 1829, avec Victor Hugo. Présenté par Gérard de Nerval et Pétrus Borel, Gautier reconnaît immédiatement en Hugo son « maître » en littérature. Cet événement marque un tournant, précipitant sa carrière d’écrivain.
2.1. L’Hernaniste Acharné
Le 25 février 1830, Gautier participe activement à la célèbre bataille d’Hernani. Cet événement est crucial, non seulement pour le mouvement romantique, mais pour l’image même de Gautier. Il y apparaît vêtu de son célèbre gilet rouge, une tenue qui va durablement marquer les esprits de son époque. Le gilet rouge symbolise la révolte contre les règles strictes du classicisme.
Se qualifiant lui-même d’« hernaniste acharné », son engagement est tel qu’il quitte l’atelier de Rioult le soir même de la bataille.
2.2. Les Premiers Écrits et la Révolte contre le Passé
Théophile Gautier mène « toutes les grandes campagnes romantiques ». Il se positionne résolument contre ce qu’il nomme les « chiens de garde du classicisme », et dénonce « toutes ces larves du passé et de la routine, tous ces ennemis de l’art, de l’idéal, de la liberté et de la poésie » qui tentent de fermer « la porte de l’avenir ».
Malgré son engagement, son premier recueil de vers, publié en 1830 et financé par son père, passe totalement inaperçu. Toutefois, ces poèmes initiaux révèlent déjà un poète habile, montrant une originalité réelle par un sens inné de la forme et une expression à la fois nette et précise, annonçant déjà ses futures préoccupations.
En 1833, il publie Les Jeunes-France chez l’éditeur romantique Eugène Renduel. Dans cet ouvrage qu’il qualifie de « baroque », il fait preuve de lucidité et d’ironie en dressant le portrait truculent des artistes qui composent le Cénacle, les qualifiant de « Précieuses Ridicules du Romantisme ».
Deux ans plus tard, en 1835, la publication de son roman épistolaire Mademoiselle de Maupin chez le même éditeur provoque un véritable scandale.
3. Le Mouvement de l’Art pour l’Art et la Quête de la Forme 💎
Dès ses premiers travaux, Gautier se distingue de certains de ses amis romantiques par ses préoccupations formalistes. Cette divergence se cristallise dans la célèbre préface de Mademoiselle de Maupin (1835), où il fustige les visions moralistes ou utilitaires de la littérature. Cette doctrine sera le socle de sa philosophie esthétique.
3.1. Le Précurseur du Parnasse
Le recueil de vers Émaux et Camées, dont la première version paraît en 1852 et qu’il enrichit jusqu’à sa mort en 1872, consacre Théophile Gautier comme un chef d’école.
Il est salué comme le défenseur de la théorie de L’Art pour l’art. Ce courant littéraire est défini par la recherche obsessionnelle du beau, un idéal qui s’oppose aux « épanchements lyriques » jugés excessifs des Romantiques.
Les Parnassiens, dont Gautier est le précurseur, valorisent avant tout le travail méticuleux de la forme. Le poème L’Art, dernière pièce de l’édition de 1872 d’Émaux et Camées, contient son injonction célèbre qui résume cette esthétique :
« Sculpte, lime, cisèle ».
Ce perfectionnisme lui vaut l’admiration de la nouvelle génération : Charles Baudelaire lui dédie Les Fleurs du mal, le qualifiant de « poète impeccable », et Théodore de Banville lui rend également hommage.
3.2. L’Exploration du Fantastique et des Genres Exotiques 🤯
Parallèlement à ses poésies formalistes, Gautier s’est illustré dans d’autres genres narratifs.
- Le Fantastique : Il écrit ses premières nouvelles dans une veine fantastique, inaugurée par La Cafetière (1831), qu’il explorera plus tard dans des œuvres telles qu’Avatar (1856).
- L’Égyptologie : Suivant la vogue de l’égyptologie relancée par les découvertes de Champollion, il passionne ses lecteurs avec Le Roman de la Momie (1858), une histoire d’amour se déroulant à l’époque des pharaons.
- Le Roman d’Aventure : Il publie son roman de cape et d’épée Le Capitaine Fracasse en 1863.
- Autres romans : D’autres œuvres incluent Militona (1847), une nouvelle romantique située à Madrid, et La Belle Jenny (1865), un roman publié dans L’Univers Illustré relatant la tentative d’aventuriers anglais de délivrer Napoléon Ier de Sainte-Hélène.
4. La Critique d’Art : Le Maître de la Sensation Visuelle 🎨
La « besogne quotidienne » de critique d’art et de spectacle occupe Théophile Gautier pendant la majeure partie de sa vie.
4.1. Une Collaboration Journalistique Intense
Sa carrière de critique commence véritablement en 1836. Appréciant le talent de Gautier et de ses amis, Honoré de Balzac lui propose, par l’intermédiaire de Jules Sandeau, de contribuer au journal La Chronique de Paris. Gautier y publie des nouvelles et ses premières critiques d’art. Il est d’ailleurs fortement impressionné par Balzac, auquel il consacrera plus tard des portraits biographiques.
Gautier collabore ensuite intensément avec de nombreux journaux, notamment le quotidien d’Émile de Girardin, La Presse, où il se charge initialement de la critique d’art. Le nombre d’articles (feuilletons et critiques) rédigés pour ce seul journal est évalué à plus de 2 000.
Ces articles sont écrits dans une langue reconnue comme nette, souple, impeccable et brillante. Bien qu’un nombre restreint ait été rassemblé en volumes (Les Grotesques, Souvenirs littéraires, Histoire du romantisme, etc.), cette production est immense.
4.2. La Critique Esthétique Révolutionnaire
Théophile Gautier invente une nouvelle forme d’écriture de critique d’art. Son objectif ne se limite pas au simple jugement ou à l’analyse. Il cherche avant tout à recréer la justesse du sentiment esthétique.
Sa tâche consiste à rendre, par le moyen des mots, la sensation visuelle et musicale produite par la perception directe de l’œuvre d’art. Son influence s’étend à tous les arts de son temps : il écrit sur des musiciens comme Berlioz, Gounod et Wagner, et sur des peintres tels qu’Eugène Delacroix, Édouard Manet, Gustave Doré et Théodore Chassériau.
4.3. Regard sur la Photographie 📸
Très intéressé par les nouvelles technologies de son époque, Gautier devient membre de la Société héliographique en 185116].
- Elle se charge des « besognes ennuyeuses et pénibles ».
- Elle fournit au paysagiste des images d’arbres, de roches, de lacs, de vagues et même des « archipels de nuages ».
- Pour l’architecte, elle offre des coupes, des élévations et des perspectives de monuments (temples, cathédrales) qu’aucun lavis ne saurait égaler.
- Pour l’érudit, elle apporte des reproductions d’inscriptions et de panneaux hiéroglyphiques d’une « authenticité indiscutable », réfutant l’accusation selon laquelle elle serait « stupide ».
- Enfin, pour le savant, elle permet de représenter l’« infini de la petitesse » (grossi par la lumière électrique) et révèle, tout comme le télescope, l’infini de l’énorme.
5. Les Voyages et l’Ouverture au Monde 🌍
Les voyages constituent une source d’inspiration majeure pour Théophile Gautier.
Après un voyage en Belgique et en Hollande avec Nerval en 1836, il entreprend des périples plus lointains qui vont enrichir son œuvre.
5.1. L’Espagne : Étonnement et Justesse du Dire
Le 5 mai 1840, il part pour l’Espagne avec Eugène Piot. Il connaissait déjà ce pays à travers les œuvres d’Alfred de Musset et de Victor Hugo.
Son récit, Voyage en Espagne, qu’il envoie au journal La Presse, est décrit comme un carnet d’impressions vigoureux, caractérisé par la fraîcheur du regard, l’étonnement de la vision et le souci toujours exacerbé de la justesse du dire. Ces visions espagnoles donneront naissance à de nouveaux poèmes, España, publiés dans les Poésies complètes en 1845.
Il retourne en Espagne en 1846, invité par Louis-Philippe pour assister au mariage du duc de Montpensier.
5.2. L’Orient et l’Exotisme
Ce premier voyage lance une série de déplacements qui nourrissent abondamment ses publications littéraires, ses romans et ses poésies :
- Algérie (1845).
- Italie (1850), donnant lieu à la publication d’Italia.
- Grèce et Turquie (1852), inspirant Constantinople. Cet ouvrage, qui a connu un grand succès à l’époque, s’inscrit dans la vague de l’orientalisme tout en en redéfinissant les codes.
- Russie (1858).
- Égypte (1869), où il est envoyé par le Journal officiel pour couvrir l’inauguration du canal de Suez.
6. La Passion Unique : Carlotta Grisi et Giselle ❤️
La vie personnelle de Gautier est marquée par une passion dévorante et durable pour la ballerine italienne Carlotta Grisi.
6.1. La Muse de la Danse
En 1840, Gautier assiste à une représentation de Carlotta Grisi au théâtre de la Renaissance, mais sa critique est d’abord tiède. Cependant, un an plus tard, lorsque la danseuse se produit à l’Opéra, il est complètement conquis par sa grâce et la vante dans de nombreux articles critiques. Il la place au rang des plus grandes ballerines de son époque.
Il décrit son talent avec une admiration lyrique, insistant sur sa légèreté :
- « Elle rase le sol sans le toucher. On dirait une feuille de rose que la brise promène ».
- Il s’extasie sur ses pieds, qui « feraient le désespoir d’une maja andalouse ».
Outre son talent, Gautier vante ses qualités personnelles, décrivant son teint d’une « fraîcheur si pure, qu’elle n’a jamais mis d’autre fard que son émotion ».
6.2. Giselle : L’Apothéose du Ballet Romantique
Sa passion pour Carlotta Grisi culmine avec la création du ballet Giselle et les Willis.
En 1841, Gautier écrit le livret de Giselle pour Carlotta, en collaboration avec Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges. Sur une musique d’Adolphe Adam et une chorégraphie de Jean Coralli et Jules Perrot, le ballet est dansé par Carlotta Grisi le 28 juin 1841 à l’Opéra, obtenant un succès prodigieux.
Cette œuvre est considérée comme l’apothéose du ballet romantique. Conquis par la performance de sa muse, Gautier conclut : « Ce rôle est désormais impossible à toute autre danseuse et le nom de Carlotta est devenu inséparable de celui de Giselle ».
Bien que Gautier ait écrit d’autres livrets pour elle, comme La Péri en 1843, qui fut moins bien reçu, son œuvre pour Giselle reste son apport majeur au théâtre lyrique.
6.3. Un Amour Perpétuel
Bien qu’une vive amitié et probablement une liaison plus intime se soient développées entre Gautier et Carlotta lors d’une tournée à Londres en 1842, l’écrivain reporta finalement son sentiment contrarié sur Ernesta Grisi, la sœur aînée de Carlotta, qui était cantatrice.
Afin de rester dans l’entourage familial de la ballerine, Gautier se met en ménage avec Ernesta en 1844, et ils auront deux filles.
Cependant, sa passion pour Carlotta ne faiblit jamais. Il continue de la suivre dans ses tournées, notamment à Saint-Pétersbourg où elle est Prima Ballerine au début des années 1850. Même après la retraite de la ballerine en 1856 à Saint-Jean de Genève, Gautier maintient une relation épistolaire nourrie.
Jusqu’à sa mort en 1872, il signe souvent ses lettres d’amour à Carlotta « votre esclave dévoué », lui confiant qu’elle est sa « vie, mon âme, mon éternel désir, mon adoration que rien ne lasse » et qu’elle tient son « malheur et mon bonheur » entre ses mains. Il lui rappelle ses triomphes sur scène : « Fraîche comme une fleur, légère comme un papillon, gaie comme la jeunesse, lumineuse comme la gloire… ».
7. La Maturité et le Chef d’École (1850-1872) 🎓
7.1. Le Journalisme et l’Installation Familiale
En 1855, Gautier quitte la rédaction de La Presse pour rejoindre Le Moniteur Universel. Il y poursuit son travail de critique d’art et de spectacles, fournissant des articles réguliers et publiant même ses propres œuvres en avant-première.
Après avoir vécu impasse du Doyenné avec des amis comme Nerval et Camille Rogier, puis rue de la Grange-Batelière, il s’installe en 1857 au 32, rue de Longchamp à Neuilly-sur-Seine. Il y vit avec sa compagne Ernesta Grisi, leurs deux filles — Judith Gautier (qui épousera Catulle Mendès) et Estelle (qui épousera Émile Bergerat) — ainsi que ses deux sœurs. Il a également eu un fils, Théophile Gautier fils, de sa liaison avec Eugénie Fort, qui travaillera plus tard comme suppléant au Moniteur Universel.
Sa maison de Neuilly devient un salon important, accueillant des figures majeures de l’époque, notamment Baudelaire (qu’il rencontre régulièrement), Gustave Flaubert, Alexandre Dumas fils, Ernest Feydeau, ainsi que les artistes Puvis de Chavannes et Gustave Doré.
7.2. Rôle Officiel et Reconnaissance
Théophile Gautier est nommé bibliothécaire de la princesse Mathilde, ce qui lui permet de fréquenter les salons littéraires influents du Second Empire. Il côtoie alors Sainte-Beuve, Taine, Prosper Mérimée, les frères Goncourt, ainsi que des scientifiques (Claude Bernard, Louis Pasteur, Marcellin Berthelot) et des artistes (Paul Baudry, Jean-Léon Gérôme).
Sa stature de chef d’école est confirmée par la dédicace des Fleurs du mal de Baudelaire, qui le désigne comme son disciple.
En 1862, il est élu président de la Société nationale des beaux-arts. Son comité est composé des peintres les plus prestigieux de l’époque, dont Eugène Delacroix, Pierre Puvis de Chavannes, Édouard Manet, Albert-Ernest Carrier-Belleuse et Gustave Doré.
Malgré cette reconnaissance officielle, Gautier essuie quatre échecs à l’Académie française (en 1856, 1867, 1868 et 186ément affecté par les événements militaires de 1870, Théophile Gautier rentre à Paris. Il est rongé par une maladie cardiaque et meurt le 23 octobre 1872. Victor Hugo, peu avant son décès, lui fait obtenir une aide financière du gouvernement.
Ses gendres, Catulle Mendès et Émile Bergerat, sont témoins signataires de son acte de décès.
Gautier laisse l’image d’un témoin essentiel de la vie littéraire et artistique de son temps, dont les conceptions esthétiques ont eu un impact durable. Son œuvre, reconnue pour sa diversité, est encore étudiée.
Il est inhumé au cimetière de Montmartre (Paris). Sa tombe, sculptée par Cyprien Godebski, est surmontée d’une Calliope, muse de la poésie. Lors de son « enterrement pompeux », l’éloge funèbre est lu par Alexandre Dumas fils.
8.1. Pensées Esthétiques et Philosophiques
La philosophie esthétique de Gautier est résumée par plusieurs citations célèbres qui témoignent de son dévouement absolu à la beauté formelle :
« Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid, car c’est l’expression de quelque besoin, et ceux de l’homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature. » (Préface de Mademoiselle de Maupin)
« Aimer, c’est admirer avec le cœur. Admirer, c’est aimer avec la raison. »
Même sa réussite en tant que librettiste du ballet Giselle, joué et rejoué dans le monde entier, était source de paradoxe pour lui :
« Pour un poète, ce succès chorégraphique ne laisse pas que d’être humiliant… »
Théophile Gautier, par sa vie consacrée à la recherche de la beauté pure, fut le pont entre l’énergie passionnée du Romantisme et l’exigence formelle du Parnasse, laissant une marque indélébile sur le XIXe siècle.
