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Simone Veil : De la Cendres des Camps à la Coupole des Immortels ✨
Simone Annie Liline Jacob, plus connue sous son nom d’épouse Simone Veil, fut une figure centrale de la vie politique et morale française de la seconde moitié du XXe siècle. Née à Nice le 13 juillet 1927, elle incarne, par son destin exceptionnel, le passage de la tragédie historique à l’engagement civique le plus élevé, devenant une magistrate et une femme d’État dont l’autorité morale fut universellement reconnue. Décédée à Paris le 30 juin 2017 à l’âge de 89 ans, son parcours est marqué par trois combats majeurs : la mémoire de la Shoah en tant que survivante, la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) en tant que ministre de la Santé, et la construction de l’Union européenne.
Son engagement fut finalement consacré par son élection à l’Académie française en 2008 et, après son décès, par son entrée au Panthéon avec son époux, Antoine Veil, le 1er juillet 2018, faisant d’elle la cinquième femme à recevoir cet honneur.
1. Une Jeunesse Brisée par l’Histoire (1927-1945) 🇫🇷
Simone Veil, née Jacob, est issue d’une famille juive aux racines lorraines. Son père, André Jacob, architecte, avait obtenu le second grand prix de Rome en 1919. Sa mère, Yvonne Steinmetz, avait abandonné ses études de chimie après son mariage en 1922. Bien que la famille fût explicitement juive, elle était « très laïque » et non pratiquante. Simone Veil écrira plus tard que son père revendiquait son appartenance à la communauté juive pour des raisons culturelles, voyant le peuple juif comme celui du Livre, de la pensée et de l’écriture.
Après la naissance de ses deux sœurs (Madeleine et Denise) et de son frère (Jean), la famille Jacob quitte Paris pour s’installer à Nice. En raison de la crise de 1929 et de la raréfaction des commandes pour les architectes, la famille connaît des difficultés financières, Yvonne Jacob étant contrainte de tricoter pour les enfants démunis. Simone effectue ses études secondaires au lycée de jeunes filles de Nice à partir de 1937.
1.1. L’impact des Statuts des Juifs 📜
Le début de la Seconde Guerre mondiale marque un tournant. Après l’armistice du 22 juin 1940, Nice se trouve initialement en zone non occupée. Cependant, en octobre 1940, le gouvernement de Pierre Laval instaure le premier statut des Juifs, forçant l’obligation de se déclarer et interdisant l’exercice de certaines professions. André Jacob effectue les démarches obligatoires, perdant ainsi le droit d’exercer sa profession.
Durant cette période (1940-novembre 1942), Simone Jacob poursuit sa scolarité et s’investit dans le mouvement scout au sein de la Fédération française des éclaireuses (FFE), où elle reçoit le totem de « Lièvre astucieux ».
1.2. La Période Italienne et l’Occupation Allemande 🇮🇹🇩🇪
En novembre 1942, la zone libre est occupée par l’armée allemande, mais les départements à l’est du Rhône passent sous occupation italienne. Pour les Juifs de Nice, cette période est relativement plus clémente, car l’armée italienne n’applique pas les mesures antisémites du régime nazi.
La situation s’aggrave dramatiquement en septembre 1943, lorsque l’Italie signe l’armistice avec les Alliés, entraînant l’abandon de la zone et son occupation par l’Allemagne. La Gestapo, sous la direction d’Alois Brunner, intensifie alors les rafles à Nice. Malgré des faux papiers au nom de « Jacquier », Simone Veil, sur demande de sa mère, se cache chez sa professeure de lettres, Mme de Villeroy, mais elle réussit tout de même à passer son baccalauréat en mars 1944.
1.3. L’Arrestation et l’Enfer (30 mars 1944) 🔥
Le 30 mars 1944, alors qu’elle célébrait la fin des épreuves du baccalauréat dans le centre-ville de Nice, Simone est arrêtée par deux Allemands en civil qui découvrent la falsification de sa carte d’identité. Son camarade, qu’elle a pu prévenir, tente d’avertir sa famille, mais il est suivi par la Gestapo. Dans les heures qui suivent, sa mère Yvonne, son frère Jean, et sa sœur Madeleine, présents boulevard Carabacel, sont également appréhendés. Seule sa sœur Denise, qui avait rejoint le mouvement Franc-tireur près de Lyon, échappe à l’arrestation immédiate et est déportée à Ravensbrück pour faits de résistance, d’où elle reviendra.
Les quatre membres de la famille arrêtés sont envoyés au camp de Drancy. Le 13 avril 1944, Simone, Madeleine et Yvonne partent de Drancy par le convoi n° 71 vers le camp d’Auschwitz-Birkenau.
1.4. La Déportation et le Matricule 78651 🩹
L’arrivée nocturne au camp d’Auschwitz-Birkenau le 15 avril 1944 est vécue comme une désorientation totale. Un prisonnier lui conseille de se vieillir et de dire qu’elle a 18 ans pour échapper à l’extermination. Elle est sélectionnée pour le travail et reçoit le matricule 78651, tatoué sur son bras.
Simone, sa mère et sa sœur Madeleine sont transférées en juillet 1944 au camp annexe de Bobrek, un camp de travail où le régime est moins dur qu’à Birkenau, surnommé le « sanatorium » par les déportés. Ce transfert, qui leur sauva la vie, fut facilité par une Kapo qui trouvait Simone « trop jolie pour mourir ici ».
Le 18 janvier 1945, face à l’avancée de l’Armée rouge, les SS évacuent Bobrek. Simone, Madeleine et Yvonne participent à la Marche de la Mort (70 kilomètres) vers Gleiwitz, puis sont transférées en train, dans des conditions atroces, jusqu’à Bergen-Belsen.
Yvonne Jacob, la mère de Simone, y meurt du typhus en mars 1945. Sa sœur Madeleine, également atteinte, survit de justesse grâce à l’arrivée des troupes britanniques le 15 avril. Son père, André, et son frère, Jean, déportés en Lituanie par le convoi n° 73, mourront également en déportation.
Simone Jacob est de retour en France le 23 mai 1945 à Paris, à l’hôtel Lutetia. Elle apprend alors qu’elle a été reçue au baccalauréat, qu’elle avait passé seule de toute l’Académie la veille de son arrestation.
2. Le Chemin de la Reconstruction et la Carrière (1945-1974) ⚖️
2.1. Retour à la Vie et Choix Professionnel
Malgré l’horreur vécue, Simone Veil était « toujours disposée à en parler, à témoigner », bien qu’elle ait eu l’impression que peu de gens voulaient l’entendre après son retour.
En 1945, Simone Jacob s’inscrit à la faculté de droit de Paris et à l’Institut d’études politiques de Paris (IEP). C’est à Sciences Po qu’elle rencontre Antoine Veil (1926-2013), futur inspecteur des finances, qu’elle épouse le 26 octobre 1946. Devant l’étonnement de ses proches, elle et son mari se positionnent comme des précurseurs de l’amitié franco-allemande, distinguant les nazis responsables de la Shoah des Allemands dans leur ensemble.
De cette union naissent trois fils : Jean (avocat d’affaires), Claude-Nicolas (médecin, décédé en 2002), et Pierre-François (avocat et président du Comité français pour Yad Vashem).
Un nouveau drame frappe Simone Veil en 1952, lorsque sa sœur Madeleine, avec qui elle pouvait partager l’expérience de la déportation, meurt dans un accident de la route.
2.2. Haute Fonction Publique et Magistrature
Diplômée en droit et de l’IEP de Paris, elle renonce à la carrière d’avocate et réussit le concours de la magistrature en 1956. Elle entre alors comme haut fonctionnaire au ministère de la Justice, notamment au sein de l’administration pénitentiaire.
Pendant la guerre d’Algérie, Simone Veil est missionnée par Edmond Michelet, ministre de la Justice. Elle obtient le transfert en France de prisonnières algériennes exposées aux mauvais traitements et aux viols, et sauve des hommes menacés de la peine capitale. Elle s’assure également que les milliers de membres du FLN internés en France obtiennent le régime de détention politique.
En 1964, elle passe aux affaires civiles. Elle devient, en 1970, la première femme secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). À une époque où peu de femmes de la bourgeoisie parisienne travaillent, sa carrière suscite l’étonnement, mais elle reste très présente auprès de ses enfants.
3. L’Engagement Politique : De la Santé à l’Europe 🇪🇺
3.1. Ministre de la Santé et la Loi IVG
Simone Veil est nommée ministre de la Santé dans le gouvernement de Jacques Chirac, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, en mai 1974. Elle est alors la deuxième femme seulement à devenir ministre de plein exercice en France, après Germaine Poinso-Chapuis en 1947. Elle conserve ce poste sous les gouvernements Raymond Barre.
Son action la plus marquante est la présentation au Parlement du projet de loi sur l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), qui vise à dépénaliser l’avortement. Ce combat fut extrêmement difficile et lui valut des injures et des menaces de l’extrême droite et d’une partie de la droite parlementaire.
Devant les députés, elle prononce un discours historique, insistant sur le fait que « l’avortement doit rester l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issue ». La loi est adoptée par l’Assemblée nationale le 29 novembre 1974 et entre en vigueur le 17 janvier 1975. Simone Veil s’est toujours opposée à la banalisation de l’avortement, qu’elle considérait comme « toujours un drame » et précisait que sa loi ne créait « aucun droit à l’avortement ».
En tant que ministre, elle se distingue également par d’autres réformes importantes:
- L’adoption de la première loi française de lutte contre le tabagisme en 1976 (restrictions à la publicité et interdictions de fumer dans certains lieux).
- La mise en place d’une loi d’orientation en faveur des personnes handicapées.
- Le rééquilibrage des comptes de l’Institut Pasteur et la mise en place d’aides financières pour les mères de jeunes enfants.
3.2. Pionnière de l’Europe
En 1979, à la demande de Valéry Giscard d’Estaing, Simone Veil conduit la liste UDF aux premières élections européennes au suffrage universel. Sa campagne fut marquée par sa réponse célèbre aux militants d’extrême droite : « Vous ne me faites pas peur, pas peur du tout. J’ai survécu à pire que vous ! Vous n’êtes que des SS au petit pied ! ».
Le 17 juillet 1979, elle est élue première présidente du Parlement européen – et la première personne élue à ce poste au suffrage universel. Bien que le Parlement européen ait eu alors peu de pouvoirs, Simone Veil lui a conféré une plus grande visibilité, notamment dans le domaine des droits de l’homme. Elle a également soutenu la proposition de créer une Commission des droits des femmes. Elle quitte la présidence en 1982.
Après son mandat présidentiel, elle poursuit activement son engagement européen, présidant le groupe libéral au Parlement européen de 1984 à 1989. Simone Veil est largement reconnue comme l’une des promotrices de la réconciliation franco-allemande et de la construction européenne.
3.3. Fin de Carrière Politique et Conseil Constitutionnel
De 1993 à 1995, sous la cohabitation, elle est de nouveau appelée au gouvernement en tant que Ministre d’État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement Édouard Balladur.
En mars 1998, elle est nommée membre du Conseil constitutionnel par le président du Sénat. Elle siège à la haute juridiction jusqu’en mars 2007. Elle brise son devoir de réserve en 2005 pour appeler à voter « oui » au référendum sur le traité établissant une constitution pour l’Europe.
4. L’Immortelle : Reconnaissance Académique et Mémoire 📜
4.1. Présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah
Parallèlement à ses fonctions politiques, Simone Veil a continué son œuvre de mémoire. De 2001 à 2007, elle préside la Fondation pour la mémoire de la Shoah, dont elle est ensuite présidente d’honneur.
Exemple de résilience, elle accepte en 2004 de retourner à Auschwitz, accompagnée de cinq de ses petits-enfants. Elle a toujours insisté sur la spécificité juive de la Shoah. Elle s’est notamment opposée publiquement en 2008 à l’idée de confier la mémoire d’un enfant juif mort dans la Shoah à chaque élève de CM2, jugeant cette idée « inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste ».
4.2. L’Élection à l’Académie Française (20 novembre 2008) ✍️
En 2007, Simone Veil publie son autobiographie, intitulée Une vie, un ouvrage qui se vend à plus de 550 000 exemplaires en France. Cette reconnaissance littéraire et populaire ouvre la voie à son élection parmi les « Immortels ».
Le 9 octobre 2008, invitée par Maurice Druon et François Jacob, Simone Veil présente officiellement sa candidature à l’Académie française.
Elle est élue au 13e fauteuil – un fauteuil illustre ayant appartenu à des figures telles que Pierre Messmer (son prédécesseur), Jean Racine et Paul Claudel – le 20 novembre 2008. Elle remporte l’élection dès le premier tour de scrutin, obtenant 22 voix sur 29.
4.3. L’Épée Gravée : Symbole de la Résilience 🗡️
La cérémonie de remise de son épée d’académicienne a lieu au Sénat le 16 mars 2010, en présence de Jacques Chirac. L’épée, réalisée par le sculpteur tchèque Ivan Theimer, est un sabre léger datant du XIXe siècle.
Cet objet symbolique est un témoignage puissant de son histoire. Sur son épée d’Immortelle, sont gravés:
- Le numéro de matricule 78651, qui avait été tatoué sur son bras à Auschwitz.
- La devise de la République française : « Liberté, Égalité, Fraternité ».
- La devise de l’Union européenne : « In varietate concordia » (l’unité dans la diversité).
Cette gravure scelle le lien indissociable entre son vécu dans l’horreur nazie et son engagement pour les valeurs républicaines et européennes.
Simone Veil est reçue sous la coupole de l’Institut de France le 18 mars 2010, en présence du président Nicolas Sarkozy et de ses prédécesseurs Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac. Jean d’Ormesson prononce le discours de réception, et Simone Veil fait l’éloge de son prédécesseur, Pierre Messmer.
5. Mort, Hommages et Panthéonisation (2017-2018) 🌹
5.1. Dernières Années et Décès
Après le décès de son mari Antoine Veil et de sa sœur Denise en 2013, Simone Veil se retire progressivement de la vie publique.
Elle meurt à son domicile parisien le 30 juin 2017, quelques jours avant son 90e anniversaire. Son dernier mot aurait été « merci ».
Dès l’annonce de sa mort, des personnalités politiques de tous bords, ainsi que de nombreuses pétitions citoyennes (récoltant plus de 100 000 signatures), réclament son entrée au Panthéon. Ses petites-filles expriment initialement des réserves, évoquant le souhait de leurs grands-parents de ne pas être séparés après 65 ans de vie commune.
5.2. L’Hommage National et l’Entrée au Panthéon
Un hommage national lui est rendu le 5 juillet 2017 aux Invalides, en présence du président Emmanuel Macron, de ses prédécesseurs, et d’une foule d’anonymes.
À la fin de cet hommage, le président de la République annonce, en accord avec la famille, que Simone Veil reposera « avec son époux au Panthéon ». C’est la première fois sous la Cinquième République qu’une telle décision est prise immédiatement après le décès.
Après son enterrement au cimetière du Montparnasse, où le kaddish est prononcé sur sa tombe selon son souhait, les cercueils de Simone et Antoine Veil sont exhumés et exposés au Mémorial de la Shoah les 29 et 30 juin 2018.
La cérémonie d’entrée au Panthéon se déroule le 1er juillet 2018. Elle devient la cinquième femme à y faire son entrée . La longue procession vers le Panthéon marque des arrêts symboliques pour rendre hommage à ses trois grands combats : les droits des femmes (IVG), la construction de l’Europe, et la mémoire de la déportation.
6. Synthèse de l’Héritage Politique et Moral 🌟
Le parcours de Simone Veil est un condensé de l’histoire française du XXe siècle et est jalonné de fonctions majeures:
| Fonction / Domaine | Période(s) | Impact / Réalisation Clé |
|---|---|---|
| Magistrature | 1956–1974 | Haut fonctionnaire, notamment à l’administration pénitentiaire ; sauve des prisonniers algériens de la peine capitale. |
| Ministre de la Santé | 1974–1979 | Adopte la loi dépénalisant l’IVG (Loi Veil) ; introduit des mesures contre le tabagisme. |
| Parlement Européen | 1979–1993 | Première Présidente du Parlement Européen (1979-1982), élue au suffrage universel ; grande promotrice de la construction européenne. |
| Ministre d’État | 1993–1995 | Ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville. |
| Conseil Constitutionnel | 1998–2007 | Membre de la haute juridiction. |
| Mémoire | 2001–2007 | Présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. |
| Académie Française | 2008–2017 | Élue au Fauteuil 13 le 20 novembre 2008 ; son épée est gravée du matricule 78651. |
| Panthéon | 2018 | Y repose avec son époux. |
Elle a reçu de nombreuses distinctions françaises, dont la Grand-croix de la Légion d’honneur (en 2012), et de nombreuses décorations étrangères, notamment la Croix de grand commandeur de l’ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne (1975) et le Grand-officier de l’ordre de l’Empire britannique (1997). Elle fut également titulaire de nombreux doctorats honoris causa décernés par des universités prestigieuses en Israël, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Europe.
7. Postérité et Influence Durable 🏛️
7.1. Une Autorité Morale Incontestée
La popularité de Simone Veil n’a fait que croître avec le temps. En 2010, un sondage Ifop la présentait comme la « femme préférée des Français ». Son statut d’icône repose sur la cohérence entre sa survie des camps – symbole de résilience et de dignité – et ses combats politiques pour l’humanisme, les droits des femmes, et la réconciliation européenne. Elle a toujours insisté sur la nécessité de se souvenir pour les générations futures.
7.2. Son Nom dans l’Espace Public
L’influence de Simone Veil est perpétuée par l’attribution de son nom à de nombreux lieux publics, établissements scolaires et promotions en France. Plus de 700 voies de circulation et lieux publics portent son nom.
Parmi les établissements nommés en son honneur, on trouve:
- De nombreux collèges et lycées (ex: Lycée de Gignac, Collège d’Aulnay-sous-Bois, Collège Simone-Veil à Nice).
- Des hôpitaux (ex: Hôpital d’Eaubonne, Centre hospitalier de Vitré, Centre hospitalier de Beauvais).
- Des promotions de grandes écoles (ex: École nationale d’administration, Institut d’études politiques de Paris, École nationale de la magistrature).
- Des lieux symboliques comme la place de l’Europe-Simone Veil à Paris, inaugurée en 2018, et la station de métro associée.
Son rôle est également honoré par des créations monétaires, avec une pièce commémorative de 2 euros éditée en juillet 2018, et l’annonce en 2024 de son effigie sur de nouvelles pièces de 10 centimes d’euros.
7.3. Œuvres et Témoignages
Simone Veil a laissé une œuvre écrite et des témoignages fondamentaux:
- Une vie (2007), son autobiographie best-seller.
- Mes combats : Les discours d’une vie (2016).
- L’Aube à Birkenau (2019), ainsi que Seul l’espoir apaise la douleur (2022), retranscription d’un entretien de 2006 sur sa déportation.
L’histoire de Simone Veil, marquée par la survie et le service public, demeure une référence pour comprendre la complexité et la résilience de la France contemporaine. Son matricule 78651, gravé sur son épée d’Immortelle, rappelle que la plus haute reconnaissance institutionnelle peut émaner du cœur des plus grandes souffrances vécues.
Le destin de Simone Veil est comparable à un phare dressé sur une côte sombre : née du chaos absolu de la Shoah, elle est devenue un point de repère inébranlable guidant la société française vers la dignité, la justice et l’unité européenne. Chaque combat mené, chaque fonction occupée, ne fut pas un simple acte politique, mais la manifestation d’une volonté farouche de donner un sens à la vie qui lui avait été miraculeusement rendue.
