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29 Octobre 1981 : Mort de George Brassens

Posted on octobre 27, 2025octobre 29, 2025 By Lordkelvin765@gmail.com Aucun commentaire sur 29 Octobre 1981 : Mort de George Brassens

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Georges Brassens : Biographie, Œuvre et Héritage du Poète de la Chanson Française 🎶

Georges Brassens (prononcé /ʒɔʁʒ bʁa.sɛ̃s/) est une figure monumentale de la culture française, reconnu comme auteur-compositeur-interprète et poète. Né en 1921 et décédé en 1981 dans son Hérault natal, il est considéré, aux côtés de Léo Ferré, Jacques Brel et Jean Ferrat, comme l’un des artisans majeurs de l’âge d’or de la chanson française. Son œuvre, riche de plus de deux cents chansons, se distingue par des textes d’une qualité littéraire exigeante et soignée, explorant des thèmes universels avec une plume à la fois frondeuse et classique.

Ce grand artiste fut honoré en 1967 par le Grand Prix de poésie de l’Académie française pour l’ensemble de son travail. Brassens a marqué l’histoire non seulement par ses propres compositions, telles que Chanson pour l’Auvergnat, La Mauvaise Réputation, Le Gorille, Les Amoureux des bancs publics, ou encore Les Copains d’abord, mais également par sa capacité à mettre en musique les vers de poètes illustres comme François Villon, Victor Hugo, Paul Verlaine, Louis Aragon ou Paul Fort.

I. Les Jeunesses Sétoises et l’Éveil Poétique (1921-1940) ⚓

1. Naissance et Origines Familiales

Georges Charles Brassens voit le jour le 22 octobre 1921, dans un quartier populaire du port de Sète. À l’époque, la ville s’orthographiait « Cette » jusqu’en 1928, un changement de graphie que Brassens évoqua plus tard dans sa chanson Jeanne Martin comme étant à l’origine de sa « première tristesse d’Olympio ». Sa maison natale se situait alors au numéro 54 de la rue de l’Hospice, renommée rue Georges-Brassens en 1982.

Il grandit dans un foyer où la musique tenait une place centrale, car tout le monde chantait à la maison. La famille écoutait sur le gramophone des artistes variés tels que Mireille, Jean Nohain, Tino Rossi ou Ray Ventura et ses Collégiens.

La composition familiale était riche et contrastée. Sa mère, Elvira Brassens (née Dagrosa, 1887-1962), était une catholique d’une grande dévotion, dont les parents étaient originaires de Marsico Nuovo, dans la région de la Basilicate en Italie du Sud. Veuve de guerre d’Alphonse Comte, elle avait épousé en 1919 Jean-Louis Brassens.

Son père, Jean-Louis Brassens (1881-1965), maçon (tout comme ses parents avant lui), était l’opposé de sa mère sur bien des aspects. Jean-Louis était décrit comme un homme paisible, généreux, mais surtout un libre-penseur doté d’une grande indépendance d’esprit et un anticlérical affirmé, au point de refuser d’assister à la communion de son fils. Malgré leurs caractères très différents, les parents Brassens partageaient le goût de la chanson. Georges Brassens vivait également avec sa demi-sœur, Simone Comte (1912-1994), issue du premier mariage de sa mère, et ses grands-parents paternels, Jules et Marguerite.

2. Scolarité et Influence Poétique 📚

Sa scolarité commence à l’âge de quatre ans, selon le souhait de sa mère, dans l’institution catholique des sœurs de Saint-Vincent, qu’il quitte deux ans plus tard pour entrer à l’école communale, suivant cette fois le désir de son père. À douze ans, il intègre le collège. Loin d’être studieux, Georges Brassens était décrit par ses amis comme plutôt rêveur en classe. Il préférait les bains de mer, les bagarres, les jeux et les vacances.

Sa mère lui refusa des cours de musique pour tenter d’améliorer son carnet de notes. Cela ne l’empêcha pas de griffonner des chansonnettes sur ses premiers poèmes, bien qu’il ignorât tout du solfège.

C’est en 1936 qu’il s’ouvre véritablement à la poésie grâce à son professeur de français, Alphonse Bonnafé, surnommé « le Boxeur ». L’enseignant, loin de le décourager, lui donna des conseils de rigueur et l’intéressa à la technique de versification et à l’approche de la rime, l’amenant à déclarer : « On était des brutes, on s’est mis à aimer [les] poètes. […] Et puis, grâce à ce prof, je me suis ouvert à quelque chose de grand. Alors, j’ai voulu devenir poète… ».

À cette passion naissante pour la poésie et la chanson populaire s’ajouta son goût pour les rythmes de jazz venus d’Amérique, qu’il écoutait à la TSF. Brassens admirait Charles Trenet, qui conjuguait tout ce qu’il aimait, et qui devint un modèle.

3. Les « Quatre Cents Coups » et le Départ pour Paris

Malgré son intérêt croissant pour la poésie, le jeune collégien gardait un goût pour les « quatre cents coups ». Au printemps 1938, à l’âge de 16 ans, il sombra temporairement dans la délinquance juvénile. Lui et sa bande d’amis commettaient des larcins pour obtenir de l’argent de poche, ciblant principalement leurs proches. Brassens, pour sa part, subtilisa notamment une bague et un bracelet appartenant à sa sœur.

L’affaire fit scandale dans la ville lorsque la police arrêta les coupables. Le père de Georges, Jean-Louis, fit preuve d’une indulgence remarquable, ne lui adressant aucun reproche lorsqu’il vint le chercher au poste de police. Brassens rendra hommage à l’attitude de son père dans la chanson Les Quatre Bacheliers (écrite en 1966 et chantée seulement après la mort de son père en 1965), reconnaissant qu’un enfant perdu avait « de la chance quand il a, sans vergogne, un père de ce tonneau-là ». Cet épisode lui servit de « leçon » et l’aida à se concevoir lui-même, en tentant « d’égaler » son père.

Cet égarement fut sanctionné en 1939 par une condamnation à une peine d’emprisonnement avec sursis. Brassens ne retourna pas au collège et passa l’été reclus.

Ne se satisfaisant pas de la perspective de devenir maçon auprès de son père, et souhaitant fuir Sète où sa réputation était ternie, il persuada ses parents de le laisser tenter sa chance à Paris.

Parallèlement, en 1938, il avait monté un groupe, jouant de la batterie (composée d’ustensiles divers : caisses, boîtes de conserves). Il qualifiera plus tard cette expérience, faute d’être du jazz, de « cacophonie ».

II. Les Années de Guerre et la Quête de Liberté (1940-1951) 🗺️

1. Paris Occupé et l’Autodidacte Littéraire

Georges Brassens arrive à Paris en février 1940 et est hébergé par sa tante maternelle, Antoinette Dagrosa, dans le 14e arrondissement. Il y apprend le piano à l’aide d’une méthode, malgré son ignorance du solfège, grâce à l’instrument présent chez sa tante.

Il cherche un emploi pour ne pas vivre à ses dépens. Il travaille brièvement comme manœuvre dans un atelier des usines Renault. Ce travail cesse le 3 juin 1940, lorsque Paris est bombardé et l’usine de Billancourt touchée. Après un bref retour à Sète après l’entrée des Allemands dans la capitale le 14 juin, il revient chez sa tante à Paris. Refusant de contribuer à l’effort de l’occupant, il décide de ne plus chercher de travail.

Brassens consacre alors ses journées à la bibliothèque municipale du quartier. Conscient de ses lacunes en poésie, il s’adonne à un apprentissage intensif de la versification et lit les grands auteurs tels que Villon, Baudelaire, Verlaine et Hugo. C’est ainsi qu’il acquiert la culture littéraire pointue qui caractérisera son œuvre.

Ces efforts aboutissent à ses premiers recueils de poésie : Les Couleurs vagues, Des coups d’épée dans l’eau, qui annonçaient déjà le style de ses futures chansons, et À la venvole. Ce dernier opuscule, publié en 1942 grâce à l’aide financière de ses proches (amis, tante, et Jeanne Planche), marque l’apparition de son anarchisme.

2. Le STO et l’Impasse Florimont : 22 Ans de Refuge 🏡

En février 1943, l’Allemagne nazie impose le Service du Travail Obligatoire (STO). Âgé de 21 ans, Georges Brassens se présente à la mairie du 14e arrondissement et reçoit sa feuille de route. Le 8 mars, il part en Allemagne vers le camp de travail forcé de Basdorf, près de Berlin, où il travaille dans la manufacture de moteurs d’avion BMW.

À Basdorf, on le voit souvent écrire des chansons pour divertir ses compagnons, ou plongé dans la suite d’un roman commencé à Paris, Lalie Kakamou. C’est là qu’il noue des amitiés durables, notamment avec André Larue, René Iskin, et surtout Pierre Onténiente, le bibliothécaire du camp, qui deviendra plus tard son imprésario.

En mars 1944, Brassens obtient une permission de quinze jours pour maladie grave. Il saisit l’occasion et, considéré comme déserteur, il refuse de retourner en Allemagne.

De retour à Paris, il ne peut rester chez sa tante Antoinette. Il trouve refuge chez Jeanne Planche (née Le Bonniec), une couturière de trente ans son aînée qui appréciait ses chansons et l’avait déjà aidé financièrement à publier À la venvole.

Le 21 mars 1944, Brassens se réfugie au 9, impasse Florimont, chez Jeanne et son mari Marcel. Leur maison était extrêmement modeste, sans électricité, gaz, tout-à-l’égout, et avec seulement l’eau froide. La petite cour abritait une « vraie ménagerie » (chiens, chats, canaris, tortues, buse) et la fameuse cane qu’il célébrera dans une chanson.

Brassens y restera vingt-deux ans. Dans ce cocon, il adopte un rythme de vie, souvent levé et couché avec le soleil en l’absence d’électricité. Il poursuit l’écriture de son roman et compose des chansons en s’accompagnant d’un vieux banjo. Malgré l’inconfort, il s’y sentait bien et y a conservé un « sens de l’inconfort tout à fait exceptionnel ».

3. L’Engagement Libertaire et la Plume Aiguisée 🏴

Après la libération de Paris en août 1944 et la fin de la guerre en 1945, Brassens, qui se fixera à demeure chez les Planche avec leur consentement, se plonge à nouveau dans la littérature et la poésie.

Avec ses amis retrouvés de Basdorf, il tente de créer un journal anarchiste, Le Cri des gueux, mais le projet échoue faute de financement. Il monte également avec des amis le « Parti préhistorique », qui visait à ridiculiser les autres partis politiques et préconisait un retour à un mode de vie plus simple, mais ce parti ne verra jamais le jour.

Son engagement prend une forme plus concrète en 1946 lorsqu’il se lie avec des militants libertaires, dont le peintre Marcel Renot et le poète Armand Robin. Ses lectures de Mikhaïl Bakounine, Pierre-Joseph Proudhon et Pierre Kropotkine renforcent son implication dans le mouvement.

Georges Brassens écrit plusieurs chroniques dans le journal de la Fédération anarchiste, Le Libertaire (devenu Le Monde libertaire dans les années 1950). Il utilise des pseudonymes variés, tels que Géo Cédille, Charles Brenns, Pépin Cadavre, Charles Malpayé ou Gilles Colin. Il occupe également des fonctions non rémunérées de correcteur et secrétaire de rédaction.

Ses articles sont caractérisés par une prose virulente et teintée d’humour noir, s’attaquant à tout ce qui menace les libertés individuelles. La violence de son écriture ne faisait pas l’unanimité parmi ses collègues. Il collabore aussi, périodiquement, au bulletin de la Confédération nationale du travail (CNT). Bien qu’il quitte la Fédération anarchiste en juin 1947, sa sympathie pour les anarchistes restera intacte, et il se produira régulièrement et bénévolement lors de galas organisés par Le Monde libertaire.

Le noyau de sa personnalité et de son œuvre est alors déjà établi : libertaire hors de toute doctrine, antimilitariste viscéral, anticlérical profond, doté d’un individualisme aigu, d’un mépris total pour l’argent, le confort, et la considération.

En 1947, son roman Lalie Kakamou est achevé et publié à compte d’auteur sous le titre La Lune écoute aux portes.

4. Les Amours, l’Inspiration et le Style 🎼

Brassens vécut des « amourettes clandestines » pour ne pas attiser la jalousie de Jeanne. Entre juin 1945 et août 1946, il eut une relation tumultueuse avec Jo (Josette), alors âgée de dix-sept ans. Cette relation pourrait avoir inspiré des chansons comme Une jolie fleur, P… de toi et, en partie, Le Mauvais Sujet repenti.

L’année 1947 est marquante par sa rencontre avec Joha Heiman (1911-1999). Née à Tallinn, en Estonie, elle était son aînée de neuf ans. Il la surnommait affectueusement « La Blonde Chenille ». Il lui donnera également le surnom de « Püppchen » (petite poupée en allemand), terme qu’ils orthographieront tous deux « Püpchen » et qui figure sur leur tombe. Brassens et Joha Heiman ne se marièrent jamais et ne cohabitèrent pas. Elle lui inspira plusieurs chansons, dont J’ai rendez-vous avec vous, Je me suis fait tout petit (devant une poupée), Saturne, Rien à jeter et La Non-Demande en mariage. Dix-huit ans après sa mort, en 1999, elle fut enterrée à ses côtés.

À cette époque, ses talents de poète et de musicien atteignent leur maturité. De nombreuses chansons qui deviendront célèbres sont déjà écrites, telles que Le Parapluie, La Chasse aux papillons, Brave Margot, Le Gorille et Il n’y a pas d’amour heureux (un poème d’Aragon mis en musique).

Le style de Brassens est caractérisé par sa rigueur. Il marie l’usage de l’argot et d’un langage châtié, allant jusqu’à utiliser l’imparfait du subjonctif dans des œuvres comme Le Gorille. Il est également connu pour son goût des tournures anciennes et un classicisme scrupuleux dans la métrique.

III. L’Ascension Fulgurante : De Patachou à Bobino (1952-1959) 🎤

1. La Peur de la Scène et le Soutien de Patachou

Bien qu’il composât sans relâche, Georges Brassens, malgré son talent musical (il achète une guitare avec l’aide de Jeanne, qui lui sera volée en 1946, et hérite d’un piano en 1946), n’était initialement pas destiné à la scène. Il souffrait d’un profond malaise, intimidé et paralysé par le trac, suant en se produisant. Son souhait était de proposer ses chansons à des vedettes et des chanteurs accomplis.

En 1951, il rencontre Jacques Grello, chansonnier au Caveau de la République, qui, après l’avoir écouté, lui offre sa propre guitare et lui conseille de s’accompagner de cet instrument plutôt que du piano sur scène. Il commence alors à transcrire ses compositions de piano pour la guitare.

Après des auditions infructueuses, Brassens était découragé. Deux amis sétois, Roger Thérond et Victor Laville, journalistes à Paris Match, le soutiennent et lui obtiennent une audition cruciale. Le jeudi 24 janvier 1952, il se produit chez Patachou, dans son cabaret montmartrois. Au bout de quelques chansons, Patachou est conquise. Elle l’invite à se produire immédiatement. C’est lors de ces débuts sur la scène du restaurant-cabaret que Pierre Nicolas, bassiste de l’orchestre de la chanteuse, l’accompagne spontanément à la contrebasse, marquant le début d’une collaboration essentielle.

2. Le Début du Succès et l’Édition

La curiosité du directeur du théâtre des Trois Baudets et directeur artistique chez Philips, Jacques Canetti, est éveillée par Patachou. Le 9 mars 1952, Canetti écoute Brassens, est emballé, et le convainc de signer un contrat avec Philips. France-Soir titre alors : « Patachou a découvert un poète ! ».

L’enregistrement du Gorille et du Mauvais sujet repenti a lieu le 19 mars 1952. Cependant, certains collaborateurs de Philips, offusqués par le texte du Gorille, s’opposent à leur sortie sous le label principal. Une solution est trouvée : les chansons sont publiées sous le label Polydor, récemment acquis par la firme.

D’avril à novembre 1952, neuf chansons sont éditées sur disques 78 tours. Le Parapluie est utilisée par le réalisateur Jacques Becker pour son film Rue de l’Estrapade et est récompensée par le Grand Prix du disque 1954 de l’Académie Charles-Cros.

En avril 1952, Brassens apparaît pour la première fois à la télévision (RTF), chantant La Mauvaise Réputation. L’été de la même année, il effectue sa première tournée en France, Suisse et Belgique, aux côtés de Patachou et des Frères Jacques.

Il est engagé aux Trois Baudets à partir de septembre 1952. Ses chansons, comme Hécatombe et Le Gorille, provoquent la controverse, scandalisant certains et ravissant d’autres, un bouche-à-oreille qui contribue grandement à sa notoriété.

Dès 1953, Brassens est une vedette recherchée, et ses disques se vendent bien. Il fait sa première apparition à Bobino, qu’il considérait comme sa salle de prédilection, « l’usine », dès février 1953.

3. Le Poète de la Chanson et l’Amitié 🤝

Bien qu’ayant hésité entre la poésie pure et la carrière d’auteur-compositeur, Brassens se lance désormais dans la chanson. Il ne la considère pas comme une expression poétique mineure, mais comme un art exigeant un équilibre parfait entre la musique et le texte. Il se voit comme possédant un don pour « placer un mot sur une note ». Extrêmement exigeant, il retravaille ses textes sans cesse, peaufine les images et change les mots jusqu’à atteindre la perfection qu’il recherche.

Patachou continue de soutenir Brassens, enregistrant neuf titres de son répertoire en décembre 1952 pour l’album Patachou… chante Brassens. Il lui donne même Le Bricoleur (Boîte à outils) en exclusivité.

Séduit par les chansons diffusées à la radio, l’écrivain René Fallet assiste à un récital aux Trois Baudets. Enchanté, il publie un article dithyrambique intitulé « Allez, Georges Brassens ! » dans Le Canard enchaîné le 29 avril 1953. Fallet loue sa voix, la décrivant comme « une chose rare et qui perce les coassements de toutes ces grenouilles du disque », une voix « en forme de drapeau noir, de robe qui sèche au soleil, de coup de poing sur le képi ». Brassens remercie Fallet, et leur rencontre marque le début d’une amitié durable.

En 1953, son second roman, La Tour des miracles, est publié, et son premier album, Georges Brassens chante les chansons poétiques (… et souvent gaillardes) de… Georges Brassens, sort chez Polydor en octobre. Il triomphe en vedette à Bobino en octobre de la même année.

4. Pierre Nicolas et « Gibraltar »

En 1954, pour ses passages sur la grande scène de l’Olympia (février et septembre), Brassens fait appel à Pierre Nicolas. Le contrebassiste devient son accompagnateur attitré sur toutes les scènes et tous les enregistrements, une collaboration qui s’étendra sur près de trente ans. L’année 1954 voit également la publication du recueil La Mauvaise Réputation.

Avec le succès, la gestion des affaires devient complexe. En 1954, Pierre Onténiente, le copain de Basdorf, accepte de s’occuper de ses affaires sans contrepartie, faisant d’abord son apprentissage auprès de Ray Ventura.

En 1955, Brassens achète la maison des Planche et celle qui lui est mitoyenne afin de l’agrandir, puis leur offre l’ensemble, où il installe l’eau et l’électricité.

En janvier 1956, Pierre Onténiente quitte son emploi pour se consacrer entièrement à son ami. C’est lors du tournage du film Porte des Lilas (adaptation du roman de René Fallet La Grande Ceinture), dans lequel Brassens accepte d’être acteur par amitié pour Fallet, que le réalisateur René Clair trouve Onténiente aussi résistant qu’un roc lorsqu’il défend les intérêts de l’artiste. Clair le compare au rocher de Gibraltar, un sobriquet que Brassens adopte pour nommer son secrétaire-imprésario. Trois chansons de Brassens illustrent ce film : Au bois de mon cœur, L’Amandier et Le Vin.

En 1957, Brassens et Gibraltar créent les éditions 57.

Brassens achète le moulin de la Bonde à Crespières en 1958, pour y vivre comme il l’entend, et pour honorer l’amitié des nombreux copains (d’enfance, de Basdorf, anarchistes, et amis du spectacle : Jacques Brel, Bourvil, Lino Ventura, etc.). Seule Jeanne refusera de se rendre au moulin.

À partir de ce moment, Brassens arrête de se produire dans les cabarets et alterne ses tours de chant entre Bobino et l’Olympia, tout en poursuivant des tournées à l’étranger (Suisse, Rome, Belgique, Afrique du Nord, Québec).

IV. Gloire, Réflexions et Derniers Actes (1960-1981) ✨

1. Les Honneurs et les Douleurs Physiques

Les années 1960 marquent la consécration officielle.

En 1961, Brassens sort un disque hommage à Paul Fort, contenant des poèmes mis en musique ou déclamés. En avril 1962, il fête ses dix ans de carrière à Bobino.

Il souffre de maux de reins et de crises de coliques néphrétiques dès 1946. Le 5 décembre 1962, lors de la première à l’Olympia avec Nana Mouskouri, il souffre d’une grave crise. Il honore les dates suivantes (jusqu’au 24 décembre) avec une ambulance qui l’attend chaque soir. À la suite de cette expérience, il ne se produira plus jamais à l’Olympia.

Le 31 décembre 1962, il apprend la mort de sa mère. Il se rend immédiatement à Sète, puis chante à Marseille le jour même, déclarant : « Pour la première fois, ce soir, elle me voit chanter ».

En 1963, il remporte le prix Vincent-Scotto de la SACEM pour Les Trompettes de la renommée. En octobre 1963, le numéro 99 de la collection Poètes d’aujourd’hui chez Seghers lui est consacré. Brassens accepte l’honneur à la condition que son ancien professeur de français, Alphonse Bonnafé, rédige le texte. Il devient ainsi le deuxième auteur de chansons (après Léo Ferré) à figurer dans cette collection très sélective. René Fallet y voit le « triomphe enfin avoué et officiel de ceux qui, voilà dix ans, criaient au poète pour les sourds ». Un coffret, Dix ans de Brassens, regroupant neuf albums et quatre-vingts chansons, lui vaut le Grand Prix international du disque 1963 de l’Académie Charles-Cros, remis par l’écrivain Marcel Aymé.

Les crises de calculs rénaux s’intensifient. Il est opéré des reins à la mi-janvier 1964. Après une longue convalescence, il revient sur la scène de Bobino en septembre 1964.

2. Le Thème des « Copains » et la Singularité 👬

Le film d’Yves Robert, Les Copains, sort en 1965. Brassens compose pour le générique la chanson Les Copains d’abord. Ce succès immense booste les ventes de son premier album et coïncide avec un nouveau triomphe à Bobino (octobre 1965 – janvier 1966), où il alterne avec des artistes comme Barbara, Serge Lama ou Boby Lapointe.

En 1965, il perd son père, Jean-Louis Brassens, le 28 mars, et Marcel Planche, le 7 mai.

Une de ses nouvelles chansons de cette période, Les Deux Oncles, provoque des inimitiés. Dans ce texte, Brassens exprime l’horreur que lui inspire la guerre en renvoyant dos à dos les belligérants des deux camps de la Seconde Guerre mondiale.

En 1966, Georges Brassens réalise un rêve en chantant avec son modèle, Charles Trenet, lors de l’émission radiophonique Musicorama. Bien que leur estime fût réciproque, Trenet garda ses distances, un grand regret pour Brassens.

Jeanne Planche se remarie en mai 1966, à 75 ans, avec un homme de 37 ans. Contrarié par ce mariage, Brassens quitte l’impasse Florimont après 22 ans pour emménager dans un duplex près de la place Denfert-Rochereau. Il est alors voisin de Jacques Brel.

Lors de ses représentations au Théâtre national populaire (TNP) en 1966, il chante sa Supplique pour être enterré à la plage de Sète. Il en profite également pour affirmer sa farouche singularité dans Le Pluriel, proclamant : « Bande à part, sacrebleu, c’est ma règle et j’y tiens ! ».

En mai 1967, une nouvelle crise rénale l’oblige à subir une deuxième opération.

Le 8 juin 1967, parrainé par Marcel Pagnol et Joseph Kessel, l’Académie française lui décerne le Grand Prix de poésie pour l’ensemble de son œuvre. Bien qu’honoré, Brassens resta humble, estimant ne pas mériter ce titre et déclarant : « Je ne pense pas être un poète… Un poète, ça vole quand même un peu plus haut que moi… Je ne suis pas poète. J’aurais aimé l’être comme Verlaine ou Tristan Corbière ».

Jeanne meurt en octobre 1968, à 77 ans.

3. Les Derniers Grands Récitals et l’Ultimatum

En janvier 1969, Brassens participe à un débat historique aux côtés de Léo Ferré et Jacques Brel.

En 1969, il déménage dans le 15e arrondissement. Bobino l’accueille à nouveau à partir d’octobre 1969.

Au début des années 1970, il engage son ami Jean Bertola comme secrétaire artistique et organisateur de tournées, qui lui apporte une aide musicale et amicale précieuse. Il compose notamment la musique du film Le drapeau noir flotte sur la marmite (1971).

Fidèle à son amour pour la Bretagne, découvert lors de vacances depuis les années 1950, il achète la villa « Ker Flandry » à Lézardrieux. Le moulin de la Bonde est mis en vente, et Brassens demande à « Gibraltar » et à son épouse de venir habiter l’impasse Florimont.

En 1972, pour ses cinquante ans et vingt ans de carrière, il retourne à Bobino. Avec la chanson Mourir pour des idées, il répond aux réactions suscitées par Les Deux Oncles. Il participe activement à la lutte contre la peine de mort, se produisant à une soirée spéciale au Palais des sports de Paris en octobre 1972.

En 1973, il entame ses dernières tournées françaises, passant notamment par Sète en avril. Il fait son entrée dans Le Petit Larousse cette année-là. Il donne également deux récitals au Sherman Theatre de Cardiff, au Pays de Galles, répondant à l’invitation d’un professeur de français.

Son ultime long séjour sur scène a lieu à Bobino, du 19 octobre 1976 au 20 mars 1977. Il y présente les nouvelles chansons de son dernier album, Trompe-la-mort. Il est accompagné par le guitariste Joël Favreau.

Le 20 mars 1977, lors de la dernière représentation, personne ne se doute qu’il ne montera plus jamais sur les planches de son music-hall de prédilection.

4. Le Combat Final et l’Héritage Posthume 🕊️

Des douleurs abdominales de plus en plus vives le conduisent à un diagnostic de cancer de l’intestin, qui se généralise. Il est opéré à Montpellier en novembre 1980, puis à l’hôpital américain de Paris l’année suivante. Une rémission lui permet de passer l’été 1981 à Saint-Gély-du-Fesc, chez la famille de son chirurgien.

Malgré la maladie, il n’avait pas enregistré d’album depuis cinq ans, mais près de quinze chansons étaient prêtes, et quinze autres en gestation. Il n’aura pas le temps de les graver. Après sa mort, son ami Jean Bertola acceptera de les chanter, donnant lieu à l’album Dernières Chansons, qui fut un succès commercial récompensé par l’Académie Charles-Cros.

Ultime satisfaction pour le fervent antimilitariste et anticlérical, et défenseur des libertés : l’abolition de la peine de mort en France, le 9 octobre 1981. Brassens avait milité pour cette cause, signé des pétitions et écrit des chansons sur ce sujet (Le Gorille en 1952 et La Messe au pendu en 1976).

De retour à Saint-Gély-du-Fesc, Georges Brassens fête ses soixante ans le 22 octobre. Il meurt le 29 octobre 1981, à 23h15.

Il est inhumé le 31 octobre dans son caveau familial au cimetière Le Py, situé près de la plage de la Corniche à Sète, réalisant ainsi le vœu exprimé dans sa chanson de 1966, Supplique pour être enterré à la plage de Sète.

Le choc de sa mort fut immense en France et dans la francophonie. Joha Heiman, « Püppchen », le rejoignit dans la tombe en 1999. Bien qu’ayant eu pour modèle Paul Misraki (car chanté partout sans être connu du grand public), Brassens accéda lui-même à une renommée internationale. Chaque année, de 50 000 à 80 000 personnes visitent sa sépulture.

V. L’Héritage et l’Analyse de l’Œuvre Poétique 💡

1. Le Génie de la Versification Classique

Georges Brassens a toujours été considéré comme un poète, même par des institutions exigeantes comme l’Académie française. Son art de la chanson était perçu comme demandant un équilibre parfait entre le texte et la musique.

Son œuvre est caractérisée par la richesse de son vocabulaire et sa capacité à naviguer entre les registres. Il utilisait l’argot tout en maîtrisant un langage extrêmement châtié, employant par exemple l’imparfait du subjonctif. Cette combinaison, associée à un culte des tournures anciennes et à une technique de rime et de versification rigoureuse (apprise dès l’adolescence grâce à Alphonse Bonnafé), confère à ses chansons un style unique.

Brassens est l’auteur de plus de deux cents chansons originales, mais il a également mis en musique ou déclamé les poèmes d’une douzaine d’autres auteurs, démontrant son lien profond avec la tradition littéraire française. Parmi eux, François Villon, Victor Hugo, Paul Verlaine, Alphonse de Lamartine, Louis Aragon, Francis Jammes, Antoine Pol, Théodore de Banville et Paul Fort.

2. Thématiques Centrales : Liberté et Antimilitarisme 📢

Le fondement de sa pensée était un vieux fonds libertaire, étayé par un individualisme aigu, mais qui restait « hors de toute doctrine établie ». Cet engagement se manifestait par son mépris du militantisme et des groupuscules de toutes sortes, comme il l’a exprimé dans Le Pluriel.

Son antimilitarisme viscéral est un thème récurrent, illustré par Les Deux Oncles et Mourir pour des idées. Il était également profondément anticlérical, tout en maintenant un sens du sacré.

Le thème de la misère sociale et de la compassion est central, notamment dans Chanson pour l’Auvergnat, qui est un hymne à la générosité simple.

L’amitié (Les Copains d’abord) et la quête d’un amour simple et non conventionnel (sa relation avec Joha Heiman « Püppchen » chantée dans La Non-Demande en mariage) sont également des piliers de son œuvre.

Georges Brassens s’est affirmé comme l’un des plus grands poètes de son temps, non pas malgré, mais à travers le médium populaire de la chanson. Son statut est resté inchangé tout au long de sa carrière, maintenant la même « dégaine d’ours mal léché », la pipe et la moustache, et la même indépendance d’esprit jusqu’à sa mort en 1981.

Musique Tags:âge d'or chanson française, Alphonse Bonnafé, Auteur-compositeur-interprète, Basdorf STO, Bobino, Chanson française, Charles Trenet, Georges Brassens, Grand Prix de poésie Académie française, impasse Florimont, Jacques Brel, Jacques Canetti, Jean Ferrat, Joha Heiman Püppchen, La Mauvaise Réputation, Le Gorille, Léo Ferré, Les Copains d'abord, Les Trompettes de la renommée, libertaire anarchiste, Olympia, Patachou, Pierre Nicolas, Poète français, Sète Hérault, Supplique pour être enterré à la plage de Sète

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