La Seconde Abdication de Napoléon Ier : Un Tournant Majeur dans l’Histoire de France
La seconde abdication de Napoléon Ier, survenue le 22 juin 1815, constitue un événement capital qui marque la fin des Cent-Jours et fait suite à la défaite décisive de Waterloo. Cet acte par lequel l’Empereur des Français renonce à son trône en faveur de son fils s’inscrit dans une période de turbulences politiques et militaires intenses. Cependant, malgré sa volonté explicite, cette abdication n’aura pas l’issue espérée par Napoléon Ier, ouvrant plutôt la voie à une Seconde Restauration. L’analyse de cet épisode révèle les dynamiques complexes du pouvoir, les ambitions personnelles et les forces politiques qui s’affrontent au lendemain d’une défaite impériale.
Contexte Historique et la Chute Post-Waterloo ⚔️
L’année 1815 est marquée par le retour spectaculaire de Napoléon Ier sur la scène politique française, une période connue sous le nom des Cent-Jours. Ce retour, loin d’être un chemin pavé de succès, culmine par une défaite militaire majeure. C’est ainsi que le 20 juin 1815, la capitale française, Paris, est frappée par la nouvelle retentissante de la défaite de Waterloo. Cette bataille cruciale, survenue deux jours plus tôt, scelle le sort militaire de l’Empereur et déclenche une série d’événements politiques accélérés.
Au moment où cette information capitale parvient à Paris, Napoléon Ier lui-même est engagé dans une retraite stratégique, cherchant à rejoindre la capitale après l’échec cuisant de sa campagne. Il bat en retraite par Laon, une voie qui le mène vers le centre du pouvoir et de la décision politique. L’arrivée de la nouvelle de Waterloo à Paris, alors que l’Empereur est encore en route, crée un décalage entre les réalités militaires sur le terrain et les manœuvres politiques qui se préparent dans la capitale. Ce délai offre une fenêtre d’opportunité aux acteurs politiques parisiens pour anticiper et influencer le cours des événements avant même le retour de Napoléon.
Les Manœuvres Politiques à Paris : Fouché et l’Anticipation de la Crise 🏛️
La nouvelle de la défaite de Waterloo, d’une portée immense, est d’abord interceptée par Joseph Fouché. Ministre de la Police, Fouché est un personnage central, dont la loyauté est décrite comme douteuse. Cette incertitude quant à son allégeance révèle la complexité des alliances et des intérêts personnels au sein de l’appareil d’État napoléonien en cette période critique. Plutôt que de divulguer immédiatement l’information ou de la communiquer directement à l’Empereur, Fouché choisit de la garder secrète, une décision stratégique qui lui confère un avantage considérable.
En secret, Fouché entreprend de sonder des membres influents de la Chambre des représentants. Son objectif est clair : évaluer les réactions possibles et les mesures à prendre en cas de défaite avérée de l’Empereur. Cette démarche proactive de Fouché démontre une anticipation de la crise et une volonté de préparer le terrain pour une transition de pouvoir. Parmi les personnalités sondées, le nom de Lafayette émerge avec une proposition audacieuse et déterminée. Lafayette estime qu’en cas de défaite impériale, la Chambre des représentants devrait immédiatement se déclarer « en permanence ». Cette déclaration de permanence signifierait que l’assemblée resterait en session continue, sans interruption, afin de gérer la crise sans délai. De plus, Lafayette propose que la Chambre demande l’abdication de l’Empereur. Face à un éventuel refus de Napoléon, il préconise que la Chambre prononce elle-même sa déchéance. Cette position de Lafayette est un signe précoce de la détermination d’une partie de la classe politique à prendre le contrôle de la situation et à ne pas laisser l’Empereur dicter les termes de la suite des événements.
La Pression sur l’Empereur : Arrivée à l’Élysée et Débats Intenses 🤯
Une fois arrivé au palais de l’Élysée, Napoléon Ier se trouve face à une réalité politique complexe et tendue. Il est entouré de ses proches, parmi lesquels son frère Lucien Bonaparte et Carnot. Ces figures influentes jouent des rôles différents dans les délibérations qui s’ensuivent. Encouragé par Lucien et Carnot, l’Empereur évoque devant son entourage intime l’hypothèse d’une dictature temporaire. Selon lui, cette mesure exceptionnelle serait la seule voie capable de renverser la situation désastreuse et de redresser le cours des événements en faveur de l’Empire. Cette idée de dictature temporaire révèle la conviction de Napoléon que seule une concentration absolue du pouvoir entre ses mains pourrait lui permettre de faire face à la crise imminente.
Cependant, l’Empereur est réticent à employer une fois de plus la force pour s’imposer. Cette réticence peut être interprétée comme une conscience des limites de l’usage de la force dans un contexte politique déjà fragile et un désir d’obtenir une légitimité pour ses actions. Il espère que la Chambre des représentants lui concédera les pleins pouvoirs, ce qui lui éviterait d’avoir à s’en saisir par la force. Cette attente montre une volonté de collaboration ou du moins de reconnaissance de la part de l’assemblée législative, même si les événements à venir démontreront la futilité de cet espoir.
Les ministres sont rapidement convoqués et informés de la gravité de la situation. La tension est palpable alors que l’ampleur de la défaite et de ses implications politiques devient évidente pour l’ensemble du gouvernement. C’est dans ce contexte que Regnaud de Saint-Jean-d’Angély, connu pour sa fine connaissance de la Chambre, est le premier à aborder un sujet délicat et lourd de conséquences en présence de l’Empereur : l’abdication. Il suggère une abdication au profit du prince impérial. Cette option est présentée comme un moyen potentiel d’empêcher les Représentants de voter la déchéance de Napoléon Ier. L’idée est de préserver la dynastie impériale et d’éviter un vide de pouvoir total qui pourrait être exploité par les forces anti-bonapartistes. La mention de cette alternative révèle que la notion d’abdication est déjà présente dans les esprits, non pas comme une capitulation, mais comme une manœuvre stratégique pour tenter de sauver l’héritage impérial.
La Chambre des Représentants Prend le Devant 🚨
Pendant ce temps, la Chambre des représentants agit de manière décisive. Informés par Fouché des menaces de coup d’état, ce qui intensifie la méfiance envers l’Empereur et ses intentions, les Représentants se réunissent le 21 juin à midi. Cette réunion, tenue dans un climat d’urgence, est le théâtre de mesures audacieuses. C’est Lafayette qui prend l’initiative et fait proclamer l’assemblée « en permanence » et inviolable. La déclaration de permanence signifie que la Chambre restera active sans interruption, prête à délibérer et à agir face à la crise. L’inviolabilité de l’assemblée est une affirmation de son autorité et de sa détermination à ne pas être soumise à des pressions extérieures, notamment de la part de l’Empereur. Dans la foulée, les ministres sont convoqués pour rendre compte de la situation devant la Chambre. Cette convocation est une démonstration de force de la part des Représentants, qui cherchent à s’affirmer comme le véritable centre de décision politique face à l’exécutif impérial en difficulté.
À l’Élysée, l’Empereur est rapidement informé de la tournure que prennent les événements au sein de la Chambre des représentants. Comprenant la gravité de la situation et la nécessité d’agir, il envoie Regnaud auprès des Représentants. Regnaud, rompu aux débats parlementaires, est envoyé avec la mission délicate de tenter de calmer les esprits et de reprendre le contrôle de la situation. Cependant, malgré son expérience et ses compétences en matière de discussions législatives, Regnaud échoue dans sa mission. Il ne parvient pas à maîtriser les débats houleux et la détermination des Représentants. Au contraire, la Chambre réitère avec force son exigence de voir les ministres comparaître devant elle. Cette insistance souligne la volonté des Représentants d’obtenir des explications directes du gouvernement et d’affirmer leur rôle de contrôle.
De plus, les Représentants dénoncent publiquement les menaces de coup d’état. Cette dénonciation, relayée par les informations de Fouché, crée un climat de méfiance généralisé envers l’Empereur et ses intentions. Pour consolider leur position et garantir leur indépendance, la Chambre nomme, séance tenante, une commission chargée de préserver l’indépendance de l’assemblée en mobilisant la Garde nationale. La Garde nationale, force citoyenne, est perçue comme un moyen de défense contre toute tentative de dissolution ou de coup de force de la part de l’Empereur. Cette décision marque un pas supplémentaire vers la confrontation directe entre la Chambre et Napoléon, et une affirmation claire du pouvoir législatif face à l’exécutif impérial.
La Concession de Napoléon et l’Ultimatum Final ultimatum 💔
Face à la pression grandissante de la Chambre des représentants, Napoléon Ier se trouve contraint de faire une concession majeure, une décision qui, paradoxalement, ouvrira la voie à sa déchéance. Il autorise ses ministres à comparaître devant les Représentants. Cette autorisation, bien que tardive, est un signe de la vulnérabilité de l’Empereur et de son incapacité à imposer sa volonté face à une assemblée déterminée.
La comparution des ministres devant la Chambre ne fait qu’aggraver la situation de l’Empereur. Les Représentants les mettent en grande difficulté, les soumettant à un interrogatoire rigoureux et les confrontant aux enjeux de la crise. Le point culminant de cette confrontation est la formulation publique d’une alternative sans équivoque : l’abdication ou la déchéance. Cette mise en demeure, directe et sans appel, place Napoléon Ier devant un choix cornéen. S’il refuse d’abdiquer de son propre gré, la Chambre est prête à prononcer sa déchéance, le privant ainsi de toute légitimité et de tout pouvoir. La pression est à son paroxysme, et la fin du règne de Napoléon semble inéluctable.
Dans le même temps, les efforts pour gérer la crise s’étendent au-delà des débats de la Chambre. À 9 heures du soir, un comité central entre en séance pour délibérer des mesures à prendre pour le salut de la Patrie. Ce comité est composé de Représentants, de pairs et de membres du Conseil d’état, témoignant d’une volonté de rassemblement des différentes composantes politiques pour trouver une solution à la crise. À 11 heures, le comité prend une décision lourde de sens : il autorise les Chambres à traiter directement avec les puissances alliées, sans avoir à en référer à l’Empereur. Cette décision prive Napoléon de son rôle de chef d’État dans les négociations internationales et le marginalise complètement dans la gestion de la crise extérieure. Elle montre que les Chambres se considèrent désormais comme les seules entités légitimes pour représenter les intérêts de la France face aux puissances étrangères.
L’Acte d’Abdication du 22 Juin 1815 : Contenu et Volonté Inaboutie 📜
La Chambre des représentants, ayant constaté la chute effective de Napoléon et forte de son avantage, continue de pousser son avantage. Le mot d’ordre de l’abdication est repris en séance, signe que l’idée est désormais largement acceptée et souhaitée par la majorité des Représentants. Cependant, le président de la Chambre, dans un effort pour gérer la situation et peut-être laisser une dernière chance à l’Empereur d’agir de son propre gré, parvient à négocier un délai d’une heure. Ce répit est accordé avant qu’une résolution demandant la déchéance, portée par Lafayette, ne soit mise au vote. Ce délai d’une heure est crucial, offrant une ultime opportunité à Napoléon pour prendre une décision qui pourrait changer la perception de son départ.
Pendant ce bref délai, l’agitation est intense à l’Élysée. Lucien Bonaparte, le frère de l’Empereur, rentre au palais et presse Napoléon de dissoudre la Chambre pour reprendre le pouvoir par la force. Cette proposition, conforme à l’idée d’une dictature temporaire envisagée plus tôt, est une tentative de dernière minute pour inverser le rapport de force. Cependant, Lucien se retrouve isolé dans cette position. La majorité des autres conseillers présents insistent fortement pour l’abdication. Leurs arguments sont axés sur la nécessité de préserver l’avenir de la dynastie napoléonienne. Ils parviennent à convaincre l’Empereur en lui faisant miroiter la pérennité de sa lignée à travers l’instauration d’une régence et l’avènement de son fils. Le Roi de Rome, alors âgé de seulement cinq ans, est présenté comme l’héritier légitime et la solution pour maintenir l’Empire au-delà de la personne de Napoléon. Cette promesse, qui se révélera vaine, influence la décision finale de l’Empereur.
C’est ainsi que Joseph Fouché est chargé d’informer les Représentants de l’imminence de l’abdication. Pendant ce temps, Lucien Bonaparte, sous la dictée de son frère, rédige la copie de l’acte d’abdication.
Le texte de l’acte d’abdication, daté du 22 juin 1815, est une déclaration solennelle adressée au peuple français.
Il commence par une interpellation directe et émouvante : « Français ! ». L’Empereur rappelle son intention initiale en commençant la guerre : « soutenir l’indépendance nationale ». Il exprime sa confiance dans le rassemblement des efforts, des volontés et le concours de toutes les autorités nationales, et sa conviction du succès, ayant bravé les déclarations des puissances contre lui.
Cependant, il reconnaît un changement fondamental dans la situation : « Les circonstances paraissent changées ». Face à cette nouvelle donne, Napoléon Ier se présente comme un sacrifice : « Je m’offre en sacrifice à la haine des ennemis de la France ». Cette formulation suggère que sa personne est perçue comme l’obstacle principal à la paix et à la stabilité du pays. Il exprime l’espoir que les ennemis de la France soient sincères dans leurs déclarations, et que leur animosité n’ait jamais été dirigée que contre lui personnellement.
L’acte marque ensuite la fin de son règne politique : « Ma vie politique est terminée ». Le point le plus crucial de cette déclaration est la proclamation de son fils comme successeur : « et je proclame mon fils sous le titre de Napoléon 2, Empereur des Français ». Cette clause est la manifestation de la volonté de Napoléon de perpétuer sa dynastie et de s’assurer que son abdication n’est pas une défaite totale, mais une passation de pouvoir au sein de sa lignée.
Concernant le gouvernement, il stipule que « Les ministres actuels formeront provisoirement le conseil de gouvernement ». Cette disposition assure une continuité de l’administration immédiatement après son départ. De plus, l’intérêt qu’il porte à son fils le pousse à inviter les chambres à organiser « sans délai la régence par une loi ». Cette demande est une tentative de légitimer la succession de Napoléon II et de garantir une transition stable et reconnue par les institutions.
Enfin, l’abdication se conclut par un appel à l’unité et à la préservation de la souveraineté nationale : « Unissez-vous tous pour le salut public et pour rester une nation indépendante ». Cet appel final met en lumière les enjeux supérieurs de la nation au-delà des considérations dynastiques ou personnelles. L’acte est daté du palais de l’Élysée, le 22 juin 1815, et signé simplement « Napoléon ». La première page de ce document est aujourd’hui conservée aux Archives nationales.
Conséquences Immédiates de la Seconde Abdication 💔
L’abdication de Napoléon Ier, arrachée sous la contrainte, est interprétée par l’Empereur lui-même comme un acte effectué en faveur de son fils, le roi de Rome. Cependant, cette perception est le fruit d’une double surestimation et d’une sous-estimation fatales. Napoléon surestime grandement l’attachement des Français à l’Empire dans la période post-Waterloo. Malgré une décennie de domination impériale, la défaite et l’usure du pouvoir ont érodé le soutien populaire. De plus, il sous-estime de manière significative le rejet de l’idée dynastique chez les puissances alliées. Pour ces dernières, l’objectif principal n’est pas seulement d’écarter Napoléon, mais de démanteler l’ensemble de son système impérial et d’empêcher toute résurgence de la dynastie Bonaparte. Le roi de Rome lui-même, qui est alors otage des alliés, ne sera jamais sérieusement considéré comme une solution politique viable. Sa jeunesse et sa situation de captif le rendent impuissant à incarner une continuité impériale.
L’abdication de Napoléon Ier crée un vide de pouvoir immédiat et une situation politique complexe, confrontant trois acteurs principaux. D’une part, les alliés, dont l’hostilité envers Napoléon et sa descendance est résolue et inébranlable. Leur objectif est de restaurer l’ordre ancien et d’éliminer toute menace bonapartiste. D’autre part, la Chambre des pairs, dominée par les partisans de l’Empire, tente de défendre les intérêts du régime déclinant. Enfin, la Chambre des Représentants présente un tableau plus nuancé : si les bonapartistes y défendent encore le régime impérial, les royalistes y poussent leurs propres prétendants au trône, et l’idée républicaine, bien que minoritaire, reste puissante. Cette diversité d’intérêts et d’idéologies au sein des Chambres rend toute tentative de succession dynastique complexe et incertaine.
Alors que les armées étrangères envahissent le pays, la nécessité d’un pouvoir exécutif stable et légitime devient pressante. Après de longs et houleux débats, le pouvoir exécutif, désormais vacant suite à l’abdication, est confié à une Commission de gouvernement. Cette commission est composée de cinq membres, représentatifs des différentes assemblées : deux Pairs et trois Représentants. La Commission a pour mission de gérer la transition et d’appeler « tous les Français à la défense de la Patrie », tentant ainsi d’unir la nation face à l’invasion étrangère et de prévenir le chaos.
L’Épilogue : Vers la Seconde Restauration et l’Exil de Napoléon ✈️
Joseph Fouché, figure opportuniste et habile, s’empare de la présidence de la Commission de gouvernement, consolidant ainsi son influence et son rôle central dans la gestion de la crise. Sous sa direction, des tractations débutent avec les Puissances alliées. L’objectif de ces négociations est de définir l’orientation du futur régime politique de la France. Dans ce contexte de pourparlers, un retour au pouvoir des Bourbons, la dynastie royale, semble de plus en plus inéluctable. La position des alliés, hostile à toute forme de bonapartisme et favorable à la restauration de la monarchie, pèse lourdement sur les discussions.
Afin de convaincre les alliés de la bonne foi des autorités françaises et d’éviter une situation de conflit prolongé, Fouché met en œuvre une manœuvre de persuasion auprès de Napoléon. Il parvient à persuader l’Empereur de s’éloigner de Paris, lui garantissant, en toute mauvaise foi, qu’une régence conduisant au règne de son fils, Napoléon II, serait assurée. Cette promesse fallacieuse est un stratagème de Fouché pour éloigner Napoléon, perçu comme un obstacle majeur à la négociation avec les alliés, et pour faciliter le retour des Bourbons.
Le 25 juin, Napoléon quitte le palais de l’Élysée. Il y avait continué à suivre les événements et à recevoir ses partisans, malgré son abdication. Il se retire à la Malmaison, une résidence où il passe quelque temps sous la surveillance discrète du général Becker. Durant cette période, Napoléon, témoin impuissant des revers militaires de la France face à l’invasion étrangère, propose un dernier acte de service à la Commission de gouvernement : il offre de reprendre du service comme « simple général ». Cette proposition, à la fois un geste patriotique et une tentative désespérée de retrouver un rôle actif, est rejetée. La Commission, sous l’influence de Fouché et des alliés, ne peut permettre le retour d’une figure aussi emblématique sur le devant de la scène militaire.
Finalement, le 29 juin, à 5 heures du soir, le général Gourgaud invite Napoléon à monter dans une calèche. Accompagnée d’une escorte, cette calèche l’emmène sur la route de Compiègne, avant d’obliquer vers Rochefort. De là, l’Empereur envisage d’embarquer pour les États-Unis, cherchant à se réfugier outre-Atlantique. Cependant, son destin est déjà scellé par les puissances alliées : son exil à Sainte-Hélène se prépare. Cette dernière errance est un triste épilogue pour celui qui a dominé l’Europe pendant plus d’une décennie.
Pendant ce temps, les forces militaires françaises tentent de résister à l’invasion. Davout est nommé commandant en chef des armées impériales. Malgré quelques victoires symboliques, comme celles de La Plaine des Vertus et de Rocquencourt, la situation militaire est désespérée. Le 3 juillet, Davout signe à Saint-Cloud la convention qui met fin aux hostilités. Cet acte marque la fin de la résistance militaire napoléonienne. Le 9 juillet, Louis XVIII fait son entrée solennelle dans Paris et revient au pouvoir, marquant la Seconde Restauration. Davout, reconnaissant la nouvelle autorité, se soumet le 14 juillet, scellant définitivement la fin de l’ère napoléonienne et le retour à l’ordre monarchique en France.
En conclusion, la seconde abdication de Napoléon Ier est bien plus qu’un simple renoncement au trône. Elle est le point de convergence de pressions militaires, politiques et diplomatiques intenses. Orchestrée par des figures comme Fouché et accélérée par la détermination des Chambres, cette abdication, bien que voulue par Napoléon en faveur de son fils, se révèle être un échec de ses intentions dynastiques. Elle ouvre la voie à la Seconde Restauration, transformant profondément le paysage politique français et conduisant finalement Napoléon à l’exil lointain de Sainte-Hélène. L’événement est une leçon sur la volatilité du pouvoir et l’importance des acteurs politiques au-delà de la seule figure du souverain.
